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Economie

Le CMC anticipe une décroissance de 4,3%

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5772 Le 01/06/2020 | Partager
Urgence de relance de l’économie pour stopper l’hémorragie
Le Centre appelle au retour de l’Etat-providence
Soutien du secteur privé via la fiscalité et le financement

Il y a urgence à relancer la machine productive. Pour le Centre marocain de conjoncture qui tire la sonnette d’alarme, le pays ne peut s’accommoder d’une situation d’inertie au risque d’aggraver encore la récession qui s’est déjà installée pour de nombreux secteurs productifs.

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Pour stopper l’hémorragie induite par la pandémie, le CMC  estime urgent la mise en place de mesures de relance économique

Certes, la vigilance vis-à-vis de l’endémie doit rester de rigueur, avec à la clé le maintien et le renforcement de  toutes les mesures de protection. Il n’empêche que la relance de l’économie s’annonce d’une extrême urgence. Du moins dans les régions et secteurs les moins exposés à la recrudescence du Covid-19.

Pour le Centre, deux orientations stratégiques pourraient être mises en œuvre sans tarder. D’abord, «des actions et mesures d’urgence pour créer un contrechoc». Dans l’objectif de stopper l’hémorragie provoquée par l’arrêt des activités, les pertes de revenus et l’exacerbation du chômage. Ensuite, il s’agit d’établir une nouvelle vision et un modèle de développement répondant aux  enseignements tirés de cette douloureuse expérience. Pour élaborer des plans stratégiques globalement cohérents. Et pour cause! L’enjeu est de taille. «Le PIB devrait s’effondrer de 4,3% cette année», estime le CMC.

Dans la conjoncture actuelle  où les incertitudes planent encore sur le devenir de la planète, les institutions internationales, tout en surpassant les difficultés du moment et le manque d’informations, ont évalué l’ampleur de la récession en estimant la décroissance à environ 3,8%. La nouvelle prévision du  CMC s’insère dans ce contexte en se basant sur les indices précurseurs de conjoncture.

Face à la décroissance attendue, les mesures à prendre d’urgence commenceraient, à l’instar de tous les pays, par l’adoption «d’une politique budgétaire plus agressive qu’à l’accoutumée». Ceci, à travers le projet de loi rectificative du budget, en cours de préparation.Il s’agit d’augmenter d’une manière significative le budget du ministère de la Santé en priorité absolue ainsi que ceux des secteurs sociaux. Le tout assorti d’abattements sur les charges sociales et l’impôt sur le revenu avec des moratoires sur le paiement des impôts. S’ajoute également le rééchelonnement de paiement des crédits bancaires. Sans oublier le soutien, par des prix préférentiels, des intrants et des investissements de l’agriculture.

Par ailleurs, il est proposé la généralisation de l’AMO à l’ensemble de la population. La mise en œuvre de la mesure est désormais possible, compte tenu des données qui ont permis la distribution des aides aux ménages nécessiteux. Etudier également la possibilité (à partir du mois de juillet) de transformer ces aides en un système pérenne de primes de chômage.
Parallèlement à l’assouplissement de la politique budgétaire, celle monétaire  devrait se montrer plus accommodante et innovante que ce qui a été fait à ce jour.

Dans le cadre de ses politiques d’accompagnement, la levée du confinement pourrait s’opérer par région et par province sur la base du nombre de reproduction. Ainsi pour toutes les collectivités dont le RO est inférieur à 0,5, le déconfinement resterait possible dans le respect des barrières sanitaires.

Ainsi sur les 132.000 entreprises organisées qui sont à l’arrêt, celles localisées dans les régions où la propagation du covid19 a pris fin peuvent déjà redémarrer en respectant les mesures d’hygiène et de distanciation sociale. Les entreprises situées dans des régions dont le RO est inférieur à 1 devraient reprendre leurs activités avec un contrôle sanitaire et un suivi strict par les autorités locales.

De même, les unités se trouvant dans des zones à risque (RO>1) et dont la production répond à une nécessité pourraient relancer leurs activités sous la vigilance d’une cellule de contrôle. Il en est de même des transports en commun qui doivent reprendre dans un rayon qui leur serait fixé.

A moyen et long terme, il y a lieu d’accélérer les travaux de la commission spéciale sur le modèle de développement dont les résultats détermineront les contours du projet de société souhaité avec plus de précisions et de détails. En attendant, il est proposé le retour à l’Etat-providence. En particulier pour ce qui est de la promotion des secteurs sociaux et l’accompagnement du secteur privé.

L’expérience et les enseignements tirés de la propagation du covid19 ont montré d’une manière flagrante que le Maroc n’était pas suffisamment armé pour parer à ce genre de fléau. Aussi les stratégies à proposer devraient-elles intégrer comme priorités le développement des secteurs sociaux: santé, enseignement, emploi, sécurité sociale...

L’incontournable monde rural

Le monde rural est un levier incontournable de l’économie nationale. D’où la  priorité dont il se doit de bénéficier. Selon le CMC, il s’agit d’opérer une  rupture avec ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui. Il doit réconcilier l’être humain, l’environnement et la productivité des activités économiques durables. Cet espace de vie dont l’importance se mesure à l’aune de sa population et du territoire qu’il occupe doit bénéficier de toutes les accessibilités en matière de services de santé, d’enseignement et de loisirs susceptibles de créer une attractivité du milieu et de maintenir la population sur place, voire inverser à terme le sens de l’exode.

A.G.

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