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PME Régions: À Marrakech, une saga dans l’aménagement urbain

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:6055 Le 16/07/2021 | Partager
Une présence dans l’éclairage publique dans 31 villes au Maroc
Et une vision de développement à l’international, en Afrique et en Europe
L’entreprise veut hisser le made in Morocco à travers l’innovation et la recherche
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Pour Moulay Lakbir Ismaili Alaoui, Lamalif a atteint une taille critique et ne peut plus se limiter à alimenter le marché national. D’où son prochain développement à l’export (Ph. Mokhtari)

C'EST tout doucement mais sûrement que se développe Lamalif Group. Marrakech, Tanger, Al Hoceïma, Rabat, Fès, Martil, Tétouan, Fnideq, Berkane… Les produits de la holding marrakchie, spécialisée dans l’éclairage public, sont présents un peu partout au Maroc. L’opérateur affiche aujourd’hui des ambitions à l’international, le tout avec une signature 100% marocaine. Tout a commencé en 1998. Au départ, l’entreprise, spécialisée dans l’export des produits artisanaux et constructions métalliques, s’intéressait au développement de signature propre dans les domaines de l’éclairage public et l’aménagement urbain. En alliant l’artisanat aux exigences de l’industrie, le fondateur de l’entreprise Moulay Lakbir Ismaili Alaoui voulait donner une ambiance singulière aux espaces urbains tout en conservant la signature marocaine. Il faut attendre quatre années pour que la jeune société fasse son entrée dans le paysage urbain en contribuant au programme d’aménagement de la ville de Marrakech, la ville qui l’a vu naître. Une nouvelle page s’ouvre alors. S’ensuit une série de projets urbains dans les plus grandes villes et provinces du Maroc auxquels Lamalif est associée. A Tanger, le groupe gère depuis 6 ans la maintenance de l’éclairage public.
 
50.000 points lumineux au Maroc

De la petite entreprise créée au départ pour l’export de l’artisanat, la PME devient un acteur de référence dans l’aménagement urbain et l’éclairage public qui couvre 31 villes et compte 50.000 points lumineux installés sur l’ensemble du Maroc. Et ce n’est pas fini. L’entreprise a remporté l’appel d’offres pour l’éclairage public à Agadir dans le cadre du plan d’aménagement urbain de la ville et qui sera déployé à l’horizon 2024. Les ambitions du groupe marrakchi sont aussi continentales. Ce virage international, l’entreprise va le prendre à travers la nouvelle filiale Lamalif Afrique que le groupe a créée en partenariat avec la star africaine de la chanson Gims, dans l’optique de développer des projets urbanistiques en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Tchad ou au Mali. Si la Covid a perturbé l’ensemble du tissu industriel marocain, Lamalif Group ne fait pas l’exception.

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D’une entreprise spécialisée dans l’artisanat, Lamalif Group s’est transformée en un holding avec plusieurs pôles d’activités. Ici, son siège sur la route de Casablanca (Ph. Mokhtari)

«Mais nous avons fait preuve de résilience et maintenu à leurs postes toutes les ressources humaines», précise le management. L’entreprise a consolidé, pendant l’année 2021, ses activités et accentué son programme d’investissements. Fait marquant: la création de Lamalif Holding, fruit d’une politique de restructuration qui se fixe des objectifs stratégiques ambitieux pour le développement aussi bien au Maroc qu’à l’international. Doté d’un capital de 275 millions de DH, le holding regroupe quatre grands pôles d’activités: services, production et promotion immobilière et gestion d’actifs immobiliers. Porté par la filiale Lamalif Group, le pôle services regroupe les activités de l’éclairage public, du mobilier urbain et des services énergétiques. Quant à celui de la production, développé par la nouvelle filiale Maaden Structures, il couvre l’éclairage public, le mobilier urbain, les équipements sportifs, les armoires électriques et les charpentes métalliques. Les pôles de promotion immobilière et de gestion d’actifs immobiliers sont gérés respectivement par les filiales Lamalif Immobilier et Al Oussoul Foncière.

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A Tétouan, Lamalif est présente dans l’éclairage public ainsi que dans le mobilier urbain. A Tanger, le groupe gère depuis 6 ans la maintenance de l’éclairage public (Ph. Lamalif)

Atteindre 85% de taux d’intégration, les objectifs

Aujourd’hui, le groupe a d’énormes défis à relever pour le développement de solutions 100% marocaines. L’entreprise va investir gros pour une plateforme industrielle qui lui permettra d’atteindre un taux d’intégration de 85% au lieu des 30% actuellement. «Cette plateforme sera arrimée sur la ville d’aujourd’hui et de demain», insiste Moulay Lakbir Ismaili Alaoui. Une ville intelligente et connectée, d’autant plus que le ministère de l’Intérieur mène un programme ciblant 17 villes et 280 communes prioritaires dans ce sens. Pour hisser le made in Morocco, Lamalif mise sur la recherche et le développement. Le concours Madinaty Smart City que l’entreprise a initié abonde dans ce sens. Ouverte aux étudiants et lauréats des universités et des grandes écoles, cette compétition a pour objectif de consacrer l’innovation made in Morocco, en donnant l’opportunité aux jeunes créateurs, développeurs et inventeurs de présenter de nouveaux concepts et des solutions innovantes. Enfin, l’entreprise marrakchie est partenaire du programme d’accélération des projets innovants dans le secteur des technologies vertes «Green Inno-Boost», lancé par l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles. Le projet en question consiste en la conception et la commercialisation de solutions 100% marocaines d’éclairage public intelligent. Concrètement, il s’agit de nouveaux modèles de luminaires à LED intégrant des supports intelligents. Cette nouvelle activité sera exercée dans le cadre d’une startup baptisée «Light’In Maroc», dont le capital est réparti entre Lamalif Group (33%), Green Energy Park (33%) et l’Université internationale de Rabat (34%). Le spécialiste marrakchi apportera son expertise en matière d’éclairage à LED, d’efficacité énergétique et de management de l’énergie.

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(Ph. Mokhtari)

L’Afrique en partenariat avec maître Gims

Depuis trois ans, Lamalif Group s’est engagé dans des actions sociales et de mécénat, notamment à travers l’organisation de “Stars in the place” en collaboration avec maître Gims. Un rendez-vous annuel et 100 % gratuit, réunissant 140 000 spectateurs et invitant des artistes nationaux et internationaux à se produire sur la place Jamâa El Fna. Ce partenariat va prendre une autre forme. A travers Lamalif Afrique, les deux partenaires souhaitent développer des projets innovants sur le continent pour mettre en place des villes modernes à la pointe de la technologie. L’objectif est aussi de former les jeunes africains et leur assurer un emploi dans leurs pays d’origine. L’idée est de lancer des produits urbanistiques adaptés aux pays africains, en se basant d’abord sur le paysage urbain dominant des villes, leur culture et leur environnement ainsi que sur leur climat. Des accords sont déjà conclus avec la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal et le Tchad. 

Premiers pas à Jamâa El Fna

Sollicité par le wali de Marrakech dans les années 2000, Lamalif a travaillé sur le concept d’une calèche servant de support pour les 60 vendeurs de jus d’orange de Jamâa El Fna. C’est le 1er projet du groupe dans le mobilier urbain. «Le projet était difficile, mais challengeant et les défis étaient à la fois esthétiques, écologiques et économiques, mais nous l’avons réussi», se rappelle Moulay Lakbir Ismaili Alaoui. Aujourd’hui, les vendeurs de jus d’orange font partie du patrimoine de Jamâa El Fna et leurs kiosques ont une vitrine qui porte une marque 100% marocaine et 100% marrakchie. L’entreprise continue de contribuer au développement social de Marrakech à travers sa fondation éponyme.

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Le processus de fabrication passe par une préparation parfaite de la surface via le décapage, et des techniques telles que le grenaillage. Les spécialistes utilisent ensuite un procédé de métallisation à l’aide de pistolets pour assurer une protection contre la corrosion. Les produits sont ensuite stockés au sein de la plateforme industrielle du groupe (Ph. Mokhtari)

 

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