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Le commerce mondial rebondit plus vite que prévu

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:6057 Le 20/07/2021 | Partager
Plusieurs facteurs y contribuent, selon une étude d’Euler Hermes-Allianz
Réouverture des économies, reprise de la demande, reconstitution des stocks
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La reprise de la demande mondiale et la nécessité pour les entreprises de reconstituer leurs stocks pour y faire face engendrent une croissance des échanges internationaux en volume (Ph. AFP)

Peut-on espérer un rebond du commerce mondial? En publiant leur étude «Global Trade: Ship Me If you can!», les experts d’Euler Hermes-Allianz ne cachent pas leur optimisme. Au premier trimestre 2021, le commerce mondial a rebondi plus fort et plus vite que prévu, plus particulièrement en valeur (+8,6% t/t) mais également en volume (+3,4% t/t). Une tendance qui devrait se poursuivre sur l’ensemble de l’année. Selon les pronostics, les échanges internationaux devraient croître en 2021 de 7,7% en volume et de 15,9% en valeur (en 2020, respectivement -8% et -9,9%). Ces indicateurs incitent à l’optimisme après une année 2020 où les échanges internationaux furent particulièrement perturbés. 

  • Comment expliquer un tel rebond? 

Tout d’abord, la réouverture des économies en Europe et aux Etats-Unis induit une forte hausse des importations en provenance d’Asie pour ces deux régions, qui soutient fortement le commerce mondial en volume. En effet, la reprise de la demande mondiale et la nécessité pour les entreprises de reconstituer leurs stocks pour y faire face engendrent une croissance des échanges internationaux en volume. Les deux derniers facteurs cités exercent d’ailleurs une importante pression sur le coût des importations. En effet, pour répondre à la hausse de la demande mondiale, les entreprises ont besoin de reconstituer leurs stocks. Pour y parvenir, leurs besoins en transport de marchandises et en produits intermédiaires croissent. De quoi engendrer une situation de tension sur le fret maritime et des pénuries ou rallongement de délais pour obtenir certains intrants, qui génèrent de l’inflation, et donc une forte croissance des échanges commerciaux internationaux en valeur.

  • Stratégies de gestion des stocks:

L’augmentation soudaine des prix oblige les entreprises à changer leurs stratégies de gestion des stocks. Elles passent ainsi d’un modèle de «just in time» à un modèle de «just in case»: les entreprises se précipitent pour acquérir des biens intermédiaires afin de se protéger contre d’éventuelles nouvelles hausses des prix. La pénurie de conteneurs joue également sur le comportement des importateurs, qui sont prêts à payer plus cher pour que leurs commandes soient transportées dans les temps.

  • Pronostics 2022:

La croissance du commerce mondial restera supérieure à la moyenne en 2022. Selon Euler Hermes, les échanges commerciaux internationaux devraient croître de 6,2% en volume et de 8,4% en valeur l’année prochaine. En effet, les pressions sur le coût des intrants et du transport devraient perdurer dans un contexte de reprise économique progressive et continue, même si un pic aura clairement été atteint en 2021.

  • Secteurs et régions qui souffriront de la hausse du coût des importations:

Les entreprises européennes qui sont entrées dans la crise avec de faibles niveaux de stocks sont les plus vulnérables. En effet, la plupart des pays d’Europe ont du mal à reconstituer des stocks déjà très faibles, contrairement aux Etats-Unis et à la région Asie-Pacifique, qui semblent avoir des niveaux relativement élevés d’approvisionnement. De plus, les entreprises dont le modèle de gestion de stock repose sur le «just in time», telles que le secteur automobile, le textile et l’habillement, sont particulièrement exposées.

Quelques indicateurs

  •  Le commerce continuera de croître en 2021, la croissance devant rester forte au second semestre, selon le Global Trade Update de la Cnuced publié en mai 2021.
  • Elle devrait rester plus forte pour l’Asie de l’Est et les pays développés, tout en restant à la traîne pour de nombreux autres pays. 
  •  Les prévisions globales pour cette année indiquent une augmentation d’environ 16% par rapport au point le plus bas de 2020 (19% pour les biens et 8% pour les services). 
  • La valeur du commerce mondial des biens et services devrait atteindre 6.600 milliards de dollars au deuxième trimestre 2021. 
  • Ce qui équivaut à une augmentation d’une année sur l’autre d’environ 31% par rapport au point le plus bas de 2020 et d’environ 3% par rapport aux niveaux pré-pandémie de 2019. 

Source: Cnuced 2021

 


Ce que prédisent Coface et la Cnuced

  • Les perspectives de croissance améliorées se reflètent sur les échanges internationaux

Dans son baromètre risques pays & sectoriels T2 2021, Coface précise aussi que les perspectives de croissance améliorées se reflètent sur le commerce mondial: «après un recul de 5% en volume l’année dernière, il faudrait s’attendre à une progression de 11% pour 2021». Dans ce contexte de croissance des échanges internationaux, les pays exportant des matières premières bénéficient d’une amélioration de leurs termes de l’échange. D’après les nouveaux modèles de prévision de Coface pour 13 matières premières, leurs cours devraient en effet rester élevés au cours des six prochains mois au moins. 

Les attentes en termes de croissance du PIB pour 2021 sont revues à la hausse (+5,6%), mais cela résulte avant tout des bonnes surprises en provenance des Etats-Unis. L’accès à la vaccination est le principal facteur qui rythme la vie quotidienne des populations et l’économie mondiale. Par ailleurs, sa progression lente dans le monde émergent rend improbable l’atteinte de l’immunité collective au cours des douze prochains mois. Cela laisse penser que des processus de «stop and go» perdureront et continueront de contraindre la demande interne de la plupart des économies émergentes. 
«Le commerce mondial se met en route», d’après les indicateurs du Global Trade Update de la Cnuced, sa reprise après l’émergence de la crise sanitaire a atteint un niveau record au premier trimestre 2021 (cf. notre édition N° 6015 du 21/05/2021). Ainsi, une hausse de 10% en glissement annuel et de 4% en glissement trimestriel a été enregistrée. Selon les économistes de la Cnuced, «le rebond reste adossé aux solides performances à l’exportation des économies d’Asie de l’Est. Leurs succès précoces dans la lutte contre la pandémie leur a permis de rebondir plus rapidement et de bénéficier de l’essor de la demande mondiale de produits liés à la Covid-19», est-il expliqué.
Ces perspectives positives dépendent en grande partie de la réduction des restrictions liées à la pandémie, de la persistance d’une tendance haussière des prix des produits de base, de la retenue dans les politiques protectionnistes et de conditions macroéconomiques et fiscales favorables, indique le rapport. Et d’ajouter: «Néanmoins, les plans de relance budgétaire, en particulier dans les pays développés, devraient fortement soutenir la reprise du commerce mondial tout au long de 2021». La valeur du commerce mondial devrait également augmenter en raison des tendances à la hausse des prix des produits de base. Malgré tout, l’incertitude demeure quant à la manière dont la structure du commerce évoluera tout au long de l’année.

 

Fatim-Zahra TOHRY

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