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Une écloserie pour l’aquaculture en gestation dans le Nord

Par Ali ABJIOU | Edition N°:6074 Le 18/08/2021 | Partager
Elle sera située dans la zone de Tahaddart
Objectif, alimenter les fermes aquacoles en alevins et donner un coup de pouce au secteur

La région de Tanger recevra sous peu l’un de ses premiers projets aquacoles. Il s’agit d’une écloserie de poissons qui fait l’objet d’un appel à manifestation d’intérêt de l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA) dans le cadre d’un partenariat public-privé.

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L’écloserie alimentera les fermes aquacoles de la région en alevins (Ph. Adam)

L’objectif de cet appel à manifestation d’intérêt est de procéder à la sélection des concurrents et dans une étape ultérieure, du partenaire pour la réalisation et l’exploitation de cette écloserie. Le site est déjà identifié. Il s’agit d’un terrain de 2,7 hectares à Tahaddart, entre Tanger et Asilah, propriété de la Direction des Domaines de l’Etat. Selon le texte de l’appel à manifestation d’intérêt, l’ANDA a déjà entrepris des démarches auprès de l’administration locale pour la location de ce terrain ainsi que pour son acceptabilité environnementale.

Le site dispose, selon l’ANDA, d’un emplacement de choix avec un apport en eau marine de qualité et en grande quantité. Afin d’encourager les investisseurs potentiels, l’écloserie fera l’objet d’un appui financier à hauteur de 20 millions de DH, annonce l’Agence dans le texte de l’appel. Son objectif sera d’alimenter les fermes aquacoles lancées dans la région Nord et dans le reste du pays en alevins.

L’appel à manifestation d’intérêt rentre dans le cadre d’un vaste programme de développement de l’aquaculture avec le lancement de 300 parcelles en mer, soit près de 6.000 hectares dédiées à l’aquaculture en Méditerranée et dans l’Atlantique sud.

Le nord, zone exceptionnellement riche en ressources halieutiques, est couverte par un plan d’aménagement aquacole régional. Tanger-Tétouan-Al Hoceïma dispose de 820 hectares identifiés avec un potentiel de production de près de 150.000 tonnes, selon l’Agence.

La région se prête aussi bien à la pisciculture qu’à la conchyliculture avec les moules. Les études des plans d’aménagements aquacoles réalisés par l’ANDA ont permis de mettre en évidence le potentiel naturel du Maroc avec une capacité de production de 380.000 tonnes par an.

                                                           

Les origines à Oualidia

L’aquaculture a démarré au Maroc dès les années 1950 grâce au lancement de la conchyliculture dans la lagune d’Oualidia. C’est là qu’ont été élevées les premières huîtres. A ce jour, une dizaine de fermes continue d’opérer au niveau de cette lagune avec la présence de deux stations de purification. Ensuite, le relais a été pris par Dakhla dans les années 1990. Mais c’est le plan Halieutis lancé en 2009 qui a permis de donner à l’aquaculture un coup d’accélérateur en montrant le potentiel de cette filière d’avenir. En 2012 fut créée l’Agence nationale de développement de l’aquaculture, le bras armé de la filière qui agit en tant que catalyseur pour son développement et son encouragement. C’est grâce à son lobbying que l’exonération touchant les intrants a pu être introduite dans la loi de finances 2018 et c’est elle, en concertation avec le ministère de l’Agriculture et des Pêches, qui a pu mettre la loi 59-19 dans le circuit législatif. Deux espèces constituent la quasi-totalité de la production aquacole marine. Il s’agit des huîtres (65%) et du loup-bar (35 %).
Entre 2020 et 2021, l’ANDA a assuré l’accompagnement de l’installation d’environ 89 projets aquacoles autorisés, dont 85 projets localisés au niveau de la région de Dakhla-Oued Eddahab, selon les données de l’Agence. L’ensemble de ces projets contribueront à la création de près de 1.300 emplois directs pour un montant d’investissement global d’environ 896 millions DH.

Ali ABJIOU

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