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Région Mena: La pénurie d’eau, nous vivons avec…

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:6078 Le 25/08/2021 | Partager
Ampleur et impact sur les enfants et les familles
Près de 9 enfants sur 10 vivent dans des zones de stress hydrique
Un nouveau rapport de l’UNICEF

Les alertes sur le manque d’eau et le stress hydrique touchant la région Mena s’accentuent. «La pénurie d’eau a un impact profond sur les enfants et les familles, à commencer par leur santé et leur nutrition. Elle devient également de plus en plus un moteur de conflits et de déplacements», précise Bertrand Bainvel, Directeur régional adjoint de l’Unicef pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

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«90% des enfants de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord vivent dans des zones de stress hydrique élevé, avec de graves conséquences sur leur santé, leur nutrition et leur développement», indique un nouveau rapport de l’UNICEF à l’occasion de la Semaine mondiale de l’eau (Ph. AFP)

«Dans ce contexte, il est encore plus inacceptable que ceux qui combattent dans les conflits prennent pour cible les infrastructures d’eau. Les attaques contre ces infrastructures doivent cesser», a-t-il ajouté.

Près de 9 enfants sur 10 de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (Mena) vivent dans des zones de stress hydrique élevé ou extrêmement élevé, «avec de graves conséquences sur leur santé, leur nutrition, leur développement cognitif et leurs moyens de subsistance futurs». Sur les 17 pays les plus touchés par le stress hydrique dans le monde, 11 se trouvent dans la région Mena.

Ces onze États sont: «Bahreïn, l’Iran, la Jordanie, le Koweït, le Liban, la Libye, Oman, Israël/État de Palestine, le Qatar, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis». C’est ce qu’indique un rapport du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) intitulé «Running Dry: the impact of water scarcity on children in the Middle East and North Africa».

Il est publié à l’occasion de la Semaine mondiale de l’eau, qui se tient du 23 au 27 août et est organisée par le Stockholm International Water Institute (SIWI). Rappelons que le World Resources Institute qui s’appuie depuis toujours sur les données émanant du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC, qui a publié le 10 août son rapport) avait déjà prédit une situation de stress hydrique pour le Maroc à long terme.

Les chercheurs du WRI avaient déjà relevé la prédominance de trois secteurs les plus voraces en consommation d’eau: industriel, agricole et domestique. Pour faire face au problème de pénurie d’eau, le gouvernement avait mis en place un programme d’urgence. Le plan national de l’eau, destiné à assurer la sécurité hydrique du Royaume, nécessitera plus de 200 milliards de DH à l’horizon 2030.

Depuis de nombreuses années, le Maroc a mis en oeuvre une stratégie de développement mettant en valeur ses ressources en eau, souligne le Centre Marocain de Conjoncture dans un spécial portant sur «l’économie verte et le changement climatique: Atouts et défis». 

Mais «son positionnement géographique, l’émergence des problèmes de l’environnement et l’accroissement de sa population l’ont mis face à une croissance rapide des besoins en eau et des risques de plus en plus menaçants de la dégradation de ses ressources hydriques et de leur incapacité de répondre, à l’avenir, aux besoins des usagers», note le CMC. Et d’ajouter que «la stratégie adoptée par le pays a d’abord été orientée vers l’accroissement de l’offre à travers la construction des barrages mais le problème récurrent des périodes de sécheresse ont conduit les responsables à se pencher autant sur la gestion que sur la mobilisation des ressources».

Multiples facteurs

Selon les chiffres de l’UNICEF, près de 66 millions de personnes dans la région ne disposent pas d’installations sanitaires de base et une très faible proportion des eaux usées est traitée de manière adéquate, relève le rapport. Ses auteurs mettent en évidence les principaux facteurs à l’origine de la pénurie d’eau dans la région Mena, notamment «la hausse de la demande agricole et l’expansion des terres irriguées utilisant les aquifères». Alors qu’au niveau mondial, l’agriculture représente en moyenne 70% de l’utilisation de l’eau, elle en représente plus de 80% dans la région Mena.

Parmi les autres facteurs contribuant à la pénurie d’eau figurent les conflits, notamment en Syrie, au Yémen et au Soudan, la migration des populations des zones rurales vers les zones urbaines, la croissance démographique, la mauvaise gestion de l’eau, la détérioration des infrastructures hydrauliques et les problèmes de gouvernance. Les conflits et l’instabilité économique et politique régionale ont augmenté la demande de sources d’eau d’urgence, y compris le transport par camion, aggravant encore l’épuisement des eaux souterraines.

Bien qu’il ne soit pas la seule raison de la pénurie d’eau, le changement climatique entraîne une diminution des pluies pour l’agriculture et la détérioration de la qualité des réserves d’eau douce en raison du déplacement d’eau salée vers les aquifères d’eau douce et de l’augmentation des concentrations de pollution.

«Dans de nombreux pays de la région, les enfants doivent de plus en plus souvent parcourir de longues distances à pied pour aller chercher de l’eau au lieu de passer ce temps à l’école ou avec leurs amis à jouer et à apprendre», s’indigne Chris Cormency, conseiller régional WASH de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

L’agence onusienne continuera à soutenir les partenaires locaux, les gouvernements, la société civile et le secteur privé pour lutter contre la vulnérabilité des ressources en eau dans la région. Et ce, notamment «pour préserver le droit humain de l’individu à accéder à l’eau et aux services d’assainissement, sans qu’il soit compromis par d’autres utilisations de l’eau ou menacé par le ciblage des infrastructures d’eau dans les situations de conflit».

Fatim-Zahra TOHRY

 

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