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Fès: Nouveau rebondissement dans l’affaire du DG de la Radeef

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:6115 Le 15/10/2021 | Partager
Arrêté en flagrant délit, Hanafi Aboukir devra «justifier son patrimoine»
L’IGAT épluche les marchés de la régie en attendant sa comparution devant le juge
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Arrêté vendredi dernier pour corruption, Hanafi Aboukir, DG de la Radeef va comparaître devant le juge d’instruction le 27 octobre 2021. Ce qui permettra d’approfondir l’enquête sur l’origine des sommes d’argent perquisitionnées dans son domicile (Ph. YSA)

Interpellé il y a tout juste une semaine, dans une affaire de corruption, le directeur de la Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Fès (RADEEF) est dans l’œil du cyclone.

Hanafi Aboukir a été entendu lundi 11 octobre 2021 par le juge d’instruction opérant dans l’une des chambres chargées de la criminalité financière à la Cour d’appel de Fès. Le mis en cause a été interrogé dans le cadre de l’instruction préliminaire après son arrestation, vendredi dernier, «la main à la poche».

Pour rappel, le DG de  la Radeef a été interpellé en flagrant délit, alors qu’il recevait une «enveloppe de 20.000 DH» des mains d’un entrepreneur, ex-agent de la Régie à la retraite, ayant réalisé des chantiers de réseau d’eau potable, et à qui le directeur écroué aurait demandé un «droit de signature» avant de débloquer les décomptes.

Chose que l’entrepreneur avait dénoncé par le biais du numéro direct de la présidence du ministère public. Après vérification des données fournies par «la victime», une planque a été tenue dans un café de la ville où le DG de la régie, mis sous surveillance, allait recevoir son butin. Il sera interpellé en flagrant délit de corruption en possession d’une enveloppe contenant les 20.000 DH demandés à l’entrepreneur et le décompte signé. Quelques minutes plus tard, la perquisition effectuée dans le domicile et le véhicule d’Aboukir permettra également de saisir un montant de 500.000 DH.

«Lors de l’interrogatoire préliminaire, il aurait été reproché à l’entrepreneur d’avoir déjà «corrompu le DG de la régie auparavant» avant de le dénoncer», nous rapporte une source proche de cette affaire. Et d’ajouter que: «l’entrepreneur a affirmé devant le juge d’instruction qu’il a été victime d’extorsion et que tous les travaux effectués par son entreprise étaient dans les normes».  «Le juge d’instruction a fixé la date du 27 octobre pour la prochaine étape, c’est-à-dire l’interrogatoire approfondi», rapporte notre source.

«Aboukir se trouve actuellement à la prison locale de Ras El Mae, où il est placé en détention préventive», ajoute-t-on. Depuis son arrestation, un vent de panique a soufflé dans les locaux de la régie où les enquêteurs de la police judiciaire s’étaient rendus lundi dernier. Par ailleurs, des hauts responsables de l’inspection générale de l’administration territoriale (IGAT) relevant du ministère de l’Intérieur auraient passé au crible les marchés et les décomptes signés par le DG de la RADEEF.

L’enquête devrait concerner également «les circonstances de la proposition de la Direction des Régies du nouveau DG dans ce poste en remplacement de son prédécesseur, Youssef Laklalech, qu’on qualifiait de grand manager de l’établissement, alors qu’Aboukir faisait déjà l’objet de plusieurs «écrits» quand il était en charge de la gestion de la Régie d’Oujda». «Pourquoi Aboukir avait écarté les meilleurs cadres de la RADEEF dès son installation à Fès?», appuient nos sources.

Pour sa prochaine audition, Hanafi Aboukir doit répondre de soupçons de «corruption», grief retenu par le parquet général devant lequel il a été présenté lundi 11 octobre, et ce à l’issue de 72 heures de garde à vue. Il avait été arrêté trois jours plus tôt par les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire, dans le café Majorelle situé à quelques dizaines de mètres de la préfecture de police de Fès.

                                                                    

Ce que risque le DG de la Radeef

Dans les affaires de corruption, les montants en question déterminent la sanction (de 2 à 5 ans de prison pour les sommes inférieures à 100.000 DH et de 5 à 10 ans de réclusion quand elles dépassent 100.000 DH), la nature de la qualification (délit dans le premier cas et crime dans le deuxième) et donc la juridiction compétente. Le DG de la Radeef a été transmis à la Chambre criminelle près la Cour d’appel, compétente en matière de crime, car les sommes saisies sont supérieures à 100.000 DH (520.000 DH). Il est aussi vrai qu’on parle d’un haut fonctionnaire. Au moment de son arrestation, un représentant du parquet général avait été informé. «C’est dire la gravité de l’affaire». Affaire qui pourrait porter préjudice à l’image de la Radeef qui génère un chiffre d’affaires annuel de 1,7 milliard de DH et qui dessert les habitants de Fès, Sefrou et Bhalil.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

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