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Nouveau gouvernement: L’opposition ouvre déjà un front

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:6115 Le 15/10/2021 | Partager
L’absence de calendrier de réalisation des projets mise en avant
Critique sur le financement des chantiers contenus dans le programme
Le projet de loi de finances dès la semaine prochaine
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Le gouvernement de Aziz Akhannouch a été investi mercredi soir par un vote de confiance au sein de la Chambre des représentants de 213 voix pour, 64 contre et 1 abstention. Il doit maintenant s’attaquer au dossier urgent du projet de loi de finances (PLF) pour 2022 (Ph Bziouat)

Ouf de soulagement! Le gouvernement de Aziz Akhannouch a été investi mercredi soir par un vote de confiance au sein de la Chambre des représentants de 213 voix pour, 64 contre et 1 abstention. Il doit maintenant s’attaquer au dossier urgent du projet de loi de finances (PLF) pour 2022.

Ce texte doit être déposé au Parlement avant le 20 octobre prochain. Avant ce dead-line, une réunion du conseil des ministres, présidée par le Roi, doit délibérer sur les orientations générales du projet de loi de finances, conformément à l’article 49 de la Constitution.

Mais, déjà, l’opposition est à la manœuvre. Déjà, lundi dernier, Aziz Akhannouch a eu un avant-goût de ce qui l’attend. En effet, à la fin de la présentation de son programme gouvernemental, alors que l’écrasante majorité de l’hémicycle s’est levée pour l’applaudir, les députés des groupes parlementaires de l’USFP et du PPS sont restés de marbre.

Par la suite, les critiques ont fusé de partout. En effet, les partis d’opposition ont reproché au programme gouvernemental de ne pas comporter un calendrier précis de réalisation des chantiers et des réformes. De même, pour eux, les modes de financement de ce programme ne sont pas identifiés. Ils veulent savoir si le gouvernement sera dans l’obligation d’augmenter les impôts pour financer les politiques publiques.

Dans ce cas, les contribuables, particulièrement les commerçants et les entreprises, épuisés par les conséquences de la crise sanitaire, ne sont pas prêts de mettre la main à la poche. Déjà, ils ont du mal à s’acquitter de la dernière tranche des crédits contractés. Reste la dette sur le marché financier international comme le seul recours. Cette éventualité n’est pas du goût de l’opposition qui trouve que le taux d’endettement est élevé.

■ Quid du taux de croissance?

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Le chef du gouvernement a cherché à convaincre les députés sur le choix de 4% comme taux de croissance. Il pouvait opter pour 7% et finir avec 2%, dit-il mais il a choisi une autre solution. Car, le Maroc se situe dans une zone à risques, avec la pandémie toujours présente. Après la Covid-19, la croissance va augmenter, a t-il promis. Dans la région MENA, elle se situe entre 2 et 3%. Cette année, le Maroc terminera avec 5,6%, un résultat positif. Mais la question se pose pour 2022. Car, il n’est pas sûr d’obtenir la même récolte céréalière exceptionnelle comme cette année. En 2020, le taux était de -7%. Donc, la prudence est de mise. De même, il compte «enlever les boulons qui empêchent les investissements de donner plus d’effets sur l’emploi. L’engagement est de 4% mais avec cette équipe et le soutien du Parlement, nous arriverons à de meilleurs résultats», a-t-il affirmé en direction des députés.

■ Amélioration du climat des affaires
Au niveau de la Chambre des conseillers, les parlementaires étaient partagés. Le groupe parlementaire de la CGEM a mis en avant la nécessité de ne pas perdre de vue l’ampleur des défis économiques et sociaux, en relation avec la crise sanitaire (voir aussi nos pages 4 et 5). Pour lui, la mise en œuvre du nouveau modèle de développement, particulièrement les volets économique et social, exige une approche politique qui vise l’amélioration du climat des affaires et le maintien des équilibres macro-économiques. Il s’agira d’adopter une politique sociale, basée sur le développement social, tout en élargissant la classe moyenne. Le groupe n’a pas manqué de rappeler la nécessité de réduire les disparités entre les milieux urbain et rural. Mais dans ces chantiers, l’accent doit être mis sur le rôle de l’entreprise dans la création de la richesse, de l’emploi et d’un climat favorable aux affaires.

■ Des opportunités d’emplois publiques
Le programme propose une série de chantiers publics, dans le cadre de contrats temporaires des collectivités territoriales et en partenariat avec les associations de la société civile et les coopératives locales. Ce dispositif entre en vigueur à partir de 2022 et pour une durée de deux ans. Il permettra la création d'au moins 250.000 opportunités d'emplois directs d'ici deux ans.
 
■ Les enseignants contractuels déjà dans la rue

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L’autre problème que le chef de gouvernement devra régler concerne les enseignants contractuels. Il a abordé cette question devant la Chambre des conseillers, en regrettant que cette catégorie appelle à une marche pour hier jeudi à Rabat. Pendant ce temps, le ministre de l’Education nationale a lancé une invitation officielle aux syndicats du secteur pour tenir les premières séances de dialogue sur les dossiers en suspens. Selon nos informations, Chakib Benmoussa doit se réunir ce vendredi avec les centrales les plus représentatives. Pour rappel, Aziz Akhannouch  s’est engagé d’ouvrir un dialogue social avec les syndicats pour se mettre d’accord sur les mesures et les modalités visant l’augmentation progressive du salaire net mensuel au début du parcours professionnel des enseignants.  Cela concerne les détenteurs du certificat de qualification pédagogique des centres régionaux des métiers d’éducation formation. Pour rappel, le RNI avait fait la promesse pendant la campagne électorale d’augmenter les salaires des enseignants au début de leurs carrières pour passer de 6.000 à 7.500 DH.  

■ Un bouquet du programme
Dans sa réponse aux discussions des groupes parlementaires, Aziz Akhannouch a noté que l’architecture gouvernementale présente une nouveauté et une complémentarité. Elle a été conçue en vue de répondre aux attentes du pays. Pour lui, le programme est venu avec des sujets abordés par les citoyens comme l’emploi, l’éducation et la santé. Devant les députés, le chef du gouvernement s’est contenté d’apporter un bouquet du programme. Mais, le document de base comportant plus de 80 pages, est agrémenté d’objectifs chiffrés.

■ Formation du gouvernement la plus rapide
Au niveau de la Chambre des conseillers, le chef du groupe parlementaire du RNI, Mohamed Bakkouri, a mis en avant la composante politique et technocratique du gouvernement. «Vous avez formé la plus rapide coalition gouvernementale  dans l’histoire du Maroc, une première politique enregistrée à votre actif», a-t-il affirmé en s’adressant à Aziz Akhannouch. Ce qui reflète votre façon de travailler, marquée par la rapidité dans la réalisation et l’efficience dans la gestion, a-t-il dit.

■ L’Etat social mis en relief

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Sur le registre de l’Etat social, le chef du gouvernement a promis d’éliminer les dépenses fiscales et d’augmenter les recettes. Il sera intraitable sur la question de l’obligation pour les marocains de payer leurs impôts. Quant au déficit budgétaire, il compte passer de 6% actuellement  à 3 ou 3,8% en 2026.  Le groupe parlementaire de l’UMT a noté sa satisfaction au sujet des indicateurs positifs incorporés dans le programme gouvernemental comme notamment l’Etat social, la généralisation de la protection sociale, la réforme du système d’Education et la réduction des disparités sociales et spatiales. Le programme gouvernemental a apporté une vision de complémentarité entre les secteurs public et privé en matière de croissance économique. Le groupe a insisté sur la nécessité d’adopter une approche participative comme un principe jetant les bases d’une démocratie sociale.

                                                                 

Pas de chèque en blanc

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Aziz Akhannouch tente d’éteindre le premier incendie dans la maison de la majorité, allumé par Noureddine Médiane, le chef du groupe parlementaire de l’Istiqlal, lorsqu’il a fait des reproches au programme gouvernemental. Pourtant, cette formation dirigée par Nizar Baraka, fait partie de la coalition gouvernementale (Ph. Bziouat)

Le débat sur le programme gouvernemental a enregistré un premier couac. En effet, l’intervention de l’Istiqlal peut être classée sur le registre de l’opposition. Pourtant, cette formation fait partie de la coalition gouvernementale. Du coup, le chef du gouvernement est interpelé. D’ailleurs, Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau, devra convaincre son chef de groupe parlementaire Noureddine Médiane de revenir à de meilleurs sentiments et de faire preuve de solidarité gouvernementale. En tout cas, par le passé, l’Istiqlal a excellé dans le soutien critique, qui se traduit par un pied dans le gouvernement et l’autre dans l’opposition. En tout cas, Aziz Akhannouch devra s’habituer à cet exercice. Dans cette affaire, Noureddine Médiane a été on ne peut plus clair: il n’est pas prêt à donner un chèque en blanc au chef du gouvernement. Par contre, il a proposé au gouvernement de réaliser une détente politique à travers la libération des détenus dans le cadre des contestations sociales du Rif, Jerada et d’autres villes. Il a invité l’exécutif à faire face à une demande sociale croissante par le renforcement du dialogue et la communication, dans le cadre de l’institutionnalisation du dialogue social. De même, il a considéré que la corruption constitue un obstacle face au développement et il est impératif d’accélérer la moralisation de la vie publique.

Mohamed CHAOUI

 

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