×
+ L'ÉDITO
Par Khalid BELYAZID
Le 26/11/2021
Mobilité

Comment une ville peut devenir un champion de l’export automobile, accueillir le TGV et ne pas...

+ Lire la suite...
Recevoir notre newsletter

Bank Al-Maghrib tempère l'accélération de l'inflation

Par Franck FAGNON | Edition N°:6115 Le 15/10/2021 | Partager
La composante sous-jacente s'établirait à 2% en moyenne au cours des huit prochains trimestres
Tout changement de stratégie serait prématuré alors que la reprise n'est pas encore solide
Les signaux positifs autour de la reprise sont ternis par les chiffres du marché du travail

■ Inflation: Le regain ne perturbe pas la stratégie de BAM
Après avoir expérimenté deux années de faible inflation en 2019 (0,2%) et 2020 (0,7%), les Marocains sont confrontés à une autre réalité depuis le début de l'année avec une nette accélération des prix à la consommation. Ce regain, en partie imputable au redémarrage plus rapide que prévu de l'économie mondiale et à la flambée des prix des matières premières, serait transitoire, tempèrent les banquiers centraux. Mais le temporaire pourrait durer plusieurs trimestres. L'inflation s'établirait en moyenne à 1,2% en 2021 puis 1,6% en 2022 selon les nouvelles prévisions de Bank Al-Maghrib qui tenait mercredi 13 octobre son conseil de politique monétaire. Elle voit la hausse des prix hors éléments volatils (inflation sous-jacente) passer de 0,5% en 2020 à 1,4% en 2021 puis à 2,1% en 2022. Sur huit trimestres, c'est-à-dire entre le 3e trimestre 2021 et le 2e trimestre 2023, l'inflation ressortirait en moyenne à 1,6% et sa composante sous-jacente s'afficherait à 2%. Malgré des pics épisodiques, l'inflation resterait en moyenne annuelle dans la cible de Bank Al-Maghrib. La tendance actuelle ne perturbe pas l'institution qui maintient une politique monétaire accommodante en gardant notamment inchangé le taux directeur à 1,5%. De toute façon, tout changement de stratégie actuellement semblerait prématuré alors que la reprise n'est pas encore solide.

inflation-015.jpg

Jugé temporaire, le regain de l'inflation pourrait durer plusieurs trimestres. L'accélération est imputée au redémarrage plus rapide que prévu de l'économie mondiale et à la flambée des prix des matières premières. Sachant que l'inflation importée est difficile à combattre

■ Croissance: Le rebond, et après...
Après le plongeon de 6,3% en 2020, l'activité rebondirait de 6,2% cette année d'après les nouvelles prévisions de la banque centrale. Très peu aurait parié sur un tel sursaut en début d'année. Les politiques budgétaire et monétaire ont notamment permis de venir en aide aux entreprises et aux ménages et de maintenir des conditions de financement favorables sur le marché. Par ailleurs, la campagne de vaccination a permis d'éviter de nouveaux épisodes de confinement comme au printemps 2020. Mais les chiffres de la campagne agricole influencent beaucoup le niveau du rebond. Avec une récolte céréalière de 103 millions de quintaux, l'on s'attend désormais à une hausse de 18,8% de la valeur ajoutée agricole après une contre-performance de 8,6% en 2020 et 5,8% en 2019 en raison de la crise sanitaire mais surtout de la sécheresse. Les activités non agricoles se redresseraient de 4,6% en 2021 après un repli de 5,8% l'année dernière.
La consommation des ménages restera l'un des principaux moteurs de la reprise malgré les tensions inflationnistes récentes. Ceci est à lier en partie avec la robustesse des transferts des Marocains de la diaspora. Après avoir été résilients en 2020, les envois de fonds des MRE atteindraient un montant record de 87 milliards de DH cette année. L'investissement des ménages a aussi connu un sursaut après le creux enregistré aux 2e et 3e trimestres 2020. L'encours des crédits aux ménages affiche une hausse de 5,4% à fin août en glissement annuel. Du côté des entreprises, l'investissement patine toujours. L'encours des crédits à l'équipement ressort en baisse de 4,3% à fin août en glissement annuel. La croissance des prêts à ces emprunteurs est essentiellement tirée par les crédits de trésorerie (+8,2%).

■ Marché du travail: Le taux de chômage continue de se dégrader
Les signaux positifs autour de la reprise de l'activité économique sont ternis par la poursuite de la dégradation du taux de chômage. Ce dernier s'est établi à 12,8% au 2e trimestre. Il s'est dégradé de 0,5 point en glissement annuel. Depuis le début de la crise du coronavirus, le taux de chômage a augmenté de 3,6 points. Après le rebond de 6,2% en 2021, la croissance restera dynamique en 2022 avec un score de 3%. En revanche, sa qualité interpelle. Sur les trois années pré-Covid, chaque point de croissance aura généré un peu plus de 36.000 postes. La création d'au moins 1 million d'emplois prévu par le nouveau gouvernement sur une période de cinq ans reste donc bien ambitieuse au regard des réalisations au cours des vingt dernières années.
Les stratégies déployées jusqu'ici n'ont pas donné les résultats escomptés. Ceci est en partie lié aux piètres performances de l'école marocaine qui continue à produire une jeunesse peu outillée pour une insertion adéquate sur le marché du travail. Au-delà de la réforme du système d'éducation et de formation, il faudra mieux repenser les politiques du marché du travail.

tanger-med-015.jpg

Après le plongeon de 6,3% en 2020, l'activité écvonomique rebondirait de 6,2% cette année d'après les nouvelles prévisions de la banque centrale. Très peu aurait parié sur un tel sursaut en début d'année  (Ph. L'Economiste)

■ Marché des changes: BAM s'explique
Bank Al-Maghrib a procédé à des rachats de devises pour un montant global de 880 millions de dollars auprès des banques ces dernières semaines et se dit prête à reprendre tous les excédents qui lui seront présentés. Ces interventions sont jugées nécessaires pour défendre le cours du dirham. «La situation sur le marché des changes est un phénomène conjoncturel.
Toutes les évaluations que nous avons menées et confrontées avec celles des experts du FMI nous confirment que le dirham n'est pas désaligné», a assuré le wali de Bank Al-Maghrib à l'issue du conseil de politique monétaire. Malgré les rachats de devises, la situation n'a pas beaucoup évolué. Ce statu quo serait lié à la robustesse des transferts des MRE et à des flux d'importations qui restent faibles, selon les salles de marché. «Nous avons traversé une période où l'intervention de la banque centrale était nécessaire. Aujourd'hui, nous estimons que le marché est en ordre», conclut le gouverneur de la banque centrale. «Nous continuons à travailler sur les pré-requis avant de passer à l'étape supérieure de la réforme», rajoute-t-il.

F.Fa

 

La suite est réservée à nos abonnés.

Dèjà abonné ? S'abonner pour lire la suite