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Diplomatie: Nouvelles nominations pour donner du punch

Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:6117 Le 19/10/2021 | Partager
Youssef Amrani prendra poste à Bruxelles dans une conjoncture particulière
Mohamed Benchaâboun à Paris pour dépasser les dernières frictions
Les deux ambassadeurs attendus sur des dossiers stratégiques

La nomination de nouveaux ambassadeurs du Royaume en France et à l’Union européenne était très attendue. Surtout après la vacance des deux postes suite à la désignation de Ahmed Rahhou à la tête du Conseil de la concurrence et de Chakib Benmoussa en tant que ministre de l’Education nationale au gouvernement de Aziz Akhannouch.

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La nomination par le Roi de Youssef Amrani et de Mohamed Benchaâboun, intervenue en Conseil des ministres en vertu de l’article 49 de la Constitution, permet de mettre fin à la vacance au niveau de ces chancelleries stratégiques. Elles interviennent également dans une conjoncture diplomatique particulière, marquée par les efforts de redynamisation des partenariats avec la France et l’Union européenne, après certains épisodes de tension (Ph. Bziouat)

Le Roi a procédé, dimanche dernier à Fès, à la nomination de Mohamed Benchaâboun et de Youssef Amrani, respectivement aux représentations diplomatiques du Maroc à Paris et à Bruxelles. Certes, ces nominations royales, intervenues en Conseil des ministres en vertu de l’article 49 de la Constitution, permettent de mettre fin à la vacance au niveau de ces chancelleries stratégiques. Mais elles interviennent également dans une conjoncture diplomatique particulière.

Dans les détails, Youssef Amrani prendra en charge la représentation du Maroc auprès de l’Union européenne dans un contexte marqué par les répercussions du dernier jugement du tribunal de l’UE. Celui-ci a annulé les décisions du Conseil européen au sujet des accords agricole et de pêche avec le Maroc, «en maintenant leurs effets pendant une certaine période, afin de préserver l’action extérieure de l’UE et la sécurité juridique de ses engagements».

Aujourd’hui, Amrani devra prendre poste à un moment où Rabat et Bruxelles cherchent à «continuer la coopération dans un climat de sérénité et d’engagement, afin de consolider le partenariat euro-marocain de prospérité partagée, lancé en juin 2019». L’idée est de développer de multiples dimensions de ce partenariat stratégique, basé sur la confiance et le respect mutuel. Le choix d’un profil de diplomate chevronné, comme Youssef Amrani, dénote de l’enjeu que représente la gestion des relations entre les deux parties durant la prochaine période.

L’ancien ministre délégué aux Affaires étrangères, qui avait également assuré le secrétariat général de l’Union pour la Méditerranée (UPM), maîtrise parfaitement les challenges de la coopération entre le Maroc et l’UE. Lors de son dernier mandat, en tant qu’ambassadeur du Royaume en Afrique du Sud, il a réalisé un grand travail, notamment en termes de promotion de la position marocaine concernant le dossier du Sahara. Son action a permis une évolution de la perception relative à ce dossier en Afrique du Sud, traditionnellement acquis à la cause du Polisario, après des années de propagande menée par les séparatistes et leur parrain algérien. Son arrivée à Bruxelles intervient également dans un contexte marqué par les efforts de sortie de la crise liée à la Covid-19.

Sur ce point, Amrani a expliqué, lors d’une récente rencontre télévisée, que «la principale conséquence de la pandémie est celle d’avoir mis en évidence la nécessité de garantir et de renforcer la résilience d’un ordre international fondé sur des règles, des principes et des cohérences organisées. Ce combat relève éminemment de la responsabilité d’une diplomatie internationale, plus que jamais appelée à investir l’ensemble des leviers en sa disposition, pour assurer la continuité du dialogue, pour une décision internationale concertée».

Benchaâboun en remplacement de Benmoussa

De son côté, Mohamed Benchaâboun prendra la relève au niveau de l’ambassade du Royaume à Paris, en remplacement de Chakib Benmoussa. L’ex-ministre de l’Economie et des Finances prendra fonction dans une conjoncture de frictions entre le Maroc et la France sur certains dossiers, particulièrement celui de la migration. Il y a quelques semaines, la diplomatie marocaine avait qualifié «d’injustifiée» la décision française de réduire le nombre des visas accordés à certains pays du Maghreb, dont le Maroc.

Paris avait justifié cette décision par le refus de délivrer des laisser-passer consulaires nécessaires au retour des immigrés refoulés en France. Or, du côté marocain, la position est claire depuis plusieurs années: Rabat ne peut récupérer des personnes que si elles sont dûment identifiées comme étant de nationalité marocaine. Parallèlement, Benchaâboun prendra fonction dans une conjoncture politique marquée par les préparatifs pour les prochaines élections présidentielles et la montée des partis de droite et des discours anti-migrants.

Ce lauréat de l’Ecole nationale supérieure des télécommunications de Paris, devra également poursuivre les efforts de promotion des relations économiques et commerciales entre les deux pays. Surtout après les derniers signaux positifs adressés par les responsables français. Après la nomination du gouvernement Akhannouch, Paris a fait part de son «attachement à poursuivre l’approfondissement du partenariat d’exception avec le Maroc dans tous les domaines».

Le nouvel ambassadeur devra certainement insuffler une nouvelle dynamique à cette coopération. Surtout qu’il a fait preuve d’un grand sens d’adaptation et de grandes capacités d’interaction lors de ces différentes responsabilités, notamment lors de son dernier mandat à la tête du département des Finances.

                                                                            

Nominations dans les hautes fonctions: La loi révisée

La réunion du Conseil des ministres, tenue dimanche dernier, a été également marquée par une nouvelle refonte de la loi organique sur la nomination dans les hautes fonctions. L’objectif est d’intégrer de nouvelles instances dans la liste des nominations relevant du Conseil des ministres. C’est le cas notamment de la nouvelle Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis, de celle sur la gestion stratégique des participations de l’Etat, ainsi que de l’Agence nationale des eaux et forêts. La réforme de ce texte a aussi porté sur le changement de la dénomination de la Société d’investissements énergétiques, rebaptisée Société d’ingénierie énergétique. La liste des établissements dont les responsables sont nommés par le chef du gouvernement a été également élargie, suite à l’intégration des Fondations des œuvres sociales des ministères de l’Aménagement du territoire, de l’Habitat, du département des Eaux et forêts, celui de la Pêche maritime. La dissolution de l’Office de commercialisation et d’exportation, validée par les deux Chambres du Parlement, a été aussi actée, après la radiation de cette instance de la liste des établissements dont la nomination des responsables est prévue en Conseil du gouvernement.

M.A.M.

      

 

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