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Expertise comptable: Des ENCG seront autorisées à délivrer le diplôme

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:6118 Le 21/10/2021 | Partager
Le projet est en cours de gestation avec les professionnels
Un cahier de normes pédagogiques spécifique sera élaboré
Former des experts et non des chômeurs!

Cela fait quelques années que le projet est sur la table: ouvrir la formation en expertise comptable, dont l’ISCAE détient jusque là le monopole, à de nouveaux établissements. Les choses se précisent de plus en plus et le dossier, impliquant à la fois le ministère de l’Enseignement supérieur, l’Ordre des experts comptables, l’ISCAE et le ministère de l’Industrie, semble bien sur les rails.

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Seules quelques ENCG seront agréées pour proposer le diplôme, celles qui disposeront des prérequis nécessaires pour assurer la formation (Ph. L’Economiste)

Il est question d’agréer quelques unes des 12 écoles du réseau national des ENCG pour leur permettre de délivrer le diplôme d’expert-comptable. «Le projet est en cours. Un cahier de normes pédagogiques, sous forme d’un arrêté, sera élaboré à cette fin», nous précise une source au ministère de l’Enseignement supérieur.

Les ENCG à même de se positionner sur ce parcours n’ont pas encore été identifiées. Pourquoi pas toutes? «D’abord, parce qu’il faudrait former par rapport à un besoin. Ensuite, des prérequis sont nécessaires. Les ENCG qui participeront à la formation devront obéir à un cahier de charges pédagogique et satisfaire les besoins de régionalisation de la formation», explique Amine Baakili, président du conseil national de l’Ordre des experts comptables. «Par exemple, dans le staff pédagogique, il faudrait au moins 30 experts comptables formateurs. Si vous prenez une région comme Agadir où il n’y en a que 20, cela serait difficile, or nous veillons à garantir le même niveau de formation partout», poursuit-il. 

Les établissements seront donc sélectionnés selon des critères assurant la même qualité du cursus partout, et aussi en prenant en considération le besoin réel en experts comptables dans les régions. «Nous avons toujours demandé au ministère des Finances et à la Banque mondiale de réaliser une vraie étude au Maroc pour pouvoir se projeter dans le temps et estimer le manque dans le domaine, car il ne faut pas former de futurs chômeurs», souligne Baakili.

Il existe environ 6.000 experts comptables, comptables agréés et comptables indépendants au Maroc, pour près de 400.000 entreprises déposant leur bilan chaque année auprès de la Direction générale des impôts (DGI), selon l’Ordre des experts comptables. Cela représente en moyenne 66 dossiers par professionnel, sachant que toutes les entreprises ne sont pas obligées de faire appel à un expert-comptable. En France, où les travaux de comptabilité ne peuvent être réalisés que par des experts comptables, ces derniers sont aux alentours de 20.000, pour près de 2,5 millions d’entreprises. Chaque professionnel a donc 125 dossiers à sa charge.

«Et il ne faut pas oublier qu’en France il existe une obligation de visa du bilan. Quelle que soit leur taille les entreprises doivent faire appel à un expert-comptable, ce qui n’est pas vrai au Maroc», rappelle le président de l’Ordre. L’idée est donc de trouver le bon dosage pour éviter un trop plein d’experts comptables. Quoique, les débouchés peuvent être variés pour les lauréats qui développent des compétences pointues en comptabilité et en finance.

                                                                       

Un parcours en bac+8 en moyenne

Il est long le chemin pour devenir expert-comptable. Pour obtenir le Diplôme National d’Expert-Comptable (DNEC), il faut obligatoirement passer par l’ISCAE (dont la tutelle est le ministère de l’Industrie), pour l’heure seul établissement autorisé à le délivrer.

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Le concours (écrit et oral) est ouvert aux lauréats de l’ISCAE (diplôme du cycle normal, diplôme du cycle supérieur de gestion, master) et des ENCG (master), et aux licenciés en sciences économiques, option gestion ou économie d’entreprise. Il est aussi accessible pour les titulaires du diplôme d’études comptables supérieures français (DECS) assorti d’un bac. La loi instituant le diplôme date de 1990. Elle est donc plus ancienne que le système LMD (2003) ayant instauré la licence en trois ans au lieu de quatre. «L’accès est donc devenu possible pour les bac+3, toutefois, dans la pratique, peu de bac+3 réussissent le concours. Généralement, ce sont les lauréats d’un master et ceux de l’ISCAE et des ENCG qui y parviennent le plus souvent, en plus de quelques licenciés brillants», confie Amine Baakili.

Il est ensuite nécessaire de franchir plusieurs étapes. Le cursus dure trois ans, avec à la clé trois certificats successifs: Certificat des Etudes Financières et Comptabilité Approfondie (1ère année), Certificat Supérieur des Techniques d’Expertise Comptable (2e année), et Certificat Supérieur de Révision Comptable (3e année). Les étudiants ont le droit de redoubler trois ans, pour une durée de formation maximum de six ans. En parallèle à leurs cours, ils doivent effectuer un stage. L’encadrement et le contrôle des stagiaires est assuré par des experts comptables exerçant depuis au moins 5 ans. Le stage est réparti sur six semestres. Au bout de chaque semestre, un rapport doit être réalisé. Les rapports sont évalués à la fois par le maître de stage, qui n’est autre que le patron de l’apprenti expert-comptable, et un contrôleur nommé par l’Ordre. Chaque année, l’Ordre valide les stages. C’est le visa des candidats pour passer leur 3e certificat.

La formation est très exigeante. «Nous visons une qualité très bien déterminée. Il s’agit d’une population appelée à certifier des comptes, à conseiller des chefs d’entreprises…», insiste le président de l’Ordre. A l’issue des trois années, un mémoire traitant de problématiques intéressant la profession est présenté à l’ISCAE, avec une soutenance publique pour l’obtention du diplôme. Les diplômés effectuent ainsi en moyenne un parcours en bac+8, soit l’équivalent de la durée de préparation d’un doctorat.

Ahlam NAZIH

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