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Comment devenir expert-comptable sans passer par l’ISCAE

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:6118 Le 21/10/2021 | Partager
Des masters CCA français délocalisés ouvrent la voie au métier
Le diplôme de l’Intec-CNAM aussi
Plusieurs établissements se sont alliés à des universités françaises

Jusqu’à aujourd’hui, le groupe ISCAE dispose du monopole du Diplôme national d’expert-comptable (DNEC). Toutefois, d’autres voies de formation existent pour se préparer à une carrière d’expert-comptable à partir du Maroc.

Première solution, le master CCA (Comptabilité Contrôle et Audit) français délocalisé. Plusieurs établissements de l’enseignement supérieur privés proposent ce master, à l’instar de HEM, l’ISGA, l’IGA… «Ce master que nous offrons via nos sites de Rabat, Fès, Marrakech et cette année à Casablanca, en partenariat avec plusieurs universités françaises, est très sollicité. Il permet de former des cadres hautement qualifiés en finance, contrôle de gestion et audit», relève Nabil Cherkaoui, directeur de l’ISGA Casablanca. «La délocalisation est soumise à des critères extrêmement rigoureux. Il faut suivre exactement les mêmes normes qu’en France, car il s’agit d’un diplôme d’Etat français», ajoute-t-il.

Le master CCA délocalisé permet de valider 5 des 7 unités d’enseignement (UE) obligatoires pour l’obtention du Diplôme supérieur de comptabilité et gestion (DSCG), le sésame pour candidater au Diplôme d’expertise comptables (DEC) français. «Pour les 2 UE restantes, il faut passer un examen national qui se déroule une fois par an en France. Une fois le DSCG validé, le candidat doit effectuer un stage de 3 ans dans un cabinet d’expertise comptable couronné par une soutenance, avant d’obtenir son DEC, diplôme reconnu par l’Ordre des experts comptables marocain», explique Cherkaoui.

Autre diplôme, celui de l’Intec-CNAM (Institut National des Techniques Économiques et Comptables du Conservatoire national des arts et métiers français), proposé à partir de l’ISCAE, et préparant au DSCG. Il garantit aussi la validation de 5 des 7 UE requises. «La formation est à distance mais l’examen est passé en France. Il faut ensuite se soumettre au stage de 3 ans», précise Amine Baakili, président du conseil national de l’Ordre des experts comptables.

«Le parcours est similaire à celui réalisé au Maroc. La seule différence est que quand vous intégrez l’Ordre des experts comptables au Maroc vous êtes en même temps commissaire aux comptes. En France, il existe une deuxième organisation, la Compagnie, pour les commissaires aux comptes, dont l’accès est soumis à d’autres conditions», poursuit-il.
Faute d’opportunités d’intégrer ces parcours au Maroc, certains candidats n’hésitent pas à partir à l’étranger.

30.000 DH pour démarrer dans le salariat

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Près de 90% des diplômés du cycle d’expertise comptable travaillent en mode libéral en créant leur propre cabinet, selon l’Ordre des experts comptables. «D’autres se dirigent vers le salariat, ce qui offre parfois l’avantage de permettre aux débutants de confirmer leurs pratiques, et de nouer des contacts pour faciliter leur installation future, car si on est formé en expertise comptable, c’est pour exercer en libéral», relève le président de l’Ordre, Amine Baakili. Grâce à leur solide formation, les lauréats peuvent occuper plusieurs fonctions, comme directeur financier, contrôleur de gestion, DGA… Ils arrivent à décrocher des salaires plutôt confortables. Durant leur stage, ils commencent généralement avec une rémunération de 6.000 DH la 1ère année. A la 3ème, ils peuvent monter à 18.000 ou 20.000 DH. Pour leurs premiers pas dans le salariat en tant qu’experts, ils peuvent facilement démarrer à 25.000 ou 30.000 DH.

Expert-comptable Vs. Comptable agréé

Si la profession des experts comptables a été organisée dans les années 90, celle des comptables agréés a dû attendre 2017, date de publication de la loi 127-12. Le texte, qui a réglementé l’activité de ce corps de métier et institué une Organisation professionnelle des comptables agréés, a été modifié par une deuxième loi publiée en mars 2021 (53-19). «La différence entre les comptables agréés et les experts comptables est que les deuxièmes ont le monopole de la certification, du commissariat aux comptes et du commissariat aux apports», relève Amine Baakili. «Or, on ne compte que 2.000 mandats de commissariat aux comptes au Maroc. Le marché est donc limité, et c’est pour cela que nous demandons à ce que la formation corresponde aux besoins réels de l’économie marocaine», poursuit-il. La formation des comptables agréés n’est pas encore organisée, selon le président du conseil national des experts comptables. «Il s’agit généralement de bac+2 avec 2 ans de stage, mais aucune école ou centre ne forme à ce métier. Je pense que cela viendra avec le temps», soutient-il.

Ahlam NAZIH

 

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