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Pouvoir d’achat: Ce que masquent les chiffres

Par Franck FAGNON | Edition N°:6120 Le 25/10/2021 | Partager
Hausse de 1,1% en moyenne entre 2015 et 2019 contre 2% la période précédente
Derrière cette situation, des performances économiques moins bonnes

En 2019 où l’inflation a été en moyenne de 0,3% comme en 2020 où elle s’est établie à 0,7%, les ménages voient les prix à la consommation progresser plus vite que ne disent les chiffres. Ce perpétuel décalage entre les chiffres et le ressenti des ménages se vérifie encore aujourd’hui avec une inflation moyenne de 1% sur les neuf premiers mois de l’année mais, qui aux yeux de l’opinion publique, serait beaucoup plus élevée.

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Le sentiment que le salaire n’est plus à la hauteur se développe chez beaucoup de travailleurs. Sur le papier, ils ont augmenté de 2,2% en moyenne annuelle les dix années pré-covid dont 1,9% sur la deuxième période

La hausse moyenne des prix masque des disparités, la structure de la consommation n’étant pas la même pour un ménage modeste et un autre aisé. Selon le HCP, le niveau de vie médian montre qu’1 marocain sur 2 vit avec une dépense mensuelle de 1.266 DH dont 1.503 DH pour les personnes en ville et 936 DH pour celles vivant à la campagne. Ce sont ces personnes qui sont très sensibles à l’accélération des prix à la consommation, surtout lorsqu’elle est tirée par les prix des produits de première nécessité ou que la hausse touche les dépenses incompressibles.

En tenant compte d’une inflation moyenne de 1,2% sur dix ans entre 2010 et 2019, le pouvoir d’achat a augmenté de 1,5% selon le HCP. Ce qui veut dire que le revenu disponible a augmenté de 2,7% sur la même période. Mais, le sentiment d’appauvrissement des ménages reste élevé et il est loin d’être lié uniquement à l’inflation. Sachant que les subventions sur les prix de certains produits de base amortissent le choc de la flambée des tarifs à l’international.

En revanche, le ralentissement de l’activité économique, le chômage ou encore le poids de la fiscalité pèsent sur les revenus des ménages. S’ils continuent de progresser, le rythme a cependant ralenti au cours des dernières années. En moyenne, la hausse du revenu disponible est passée de 3,1% entre 2010 et 2014 à 2,3% sur la période suivante.

Avec une inflation de 1,1 et 1,2% respectivement sur les deux périodes, l’évolution du pouvoir d’achat des ménages a ralenti à 1,1% entre 2015 et 2019 contre une progression moyenne de 2% les cinq années précédentes. Ce ralentissement s’explique d’abord par l’atonie de l’activité économique avec une croissance moyenne de 3,1% les cinq années pré-covid soit une baisse de 0,7 point par rapport à la période précédente. Surtout, la croissance est moins inclusive et a peu d’effets sur le chômage.

Cette situation se reflète sur le comportement des salaires dont la progression a ralenti de 2,5% à 1,9% sur les deux périodes en revue dans le secteur privé. Dans la fonction publique, son évolution est passée de 4,6% à 1,6%.

Si les salaires progressent moins vite, les charges elles ne faiblissent pas. La dernière réforme de l’impôt sur le revenu remonte à 2010 suite à une baisse du taux marginal de 2 points à 38% et un relèvement du seuil d’exonération à 30.000 DH. Le travail sur l’élargissement de l’assiette n’a pas encore permis de réduire la pression sur une frange de la population. Les prélèvements sur les salaires représentent 73% du rendement de l’impôt sur le revenu.

Pour les observateurs, les gisements d’amélioration du pouvoir d’achat des ménages se trouve également dans la réforme de la TVA. L’harmonisation et la révision des tarifs pourraient octroyer un peu de pouvoir d’achat aux ménages les plus modestes dont une grosse partie des revenus sont consacrés à la consommation.

Baisse du taux d’épargne

Les fins de mois difficiles sont devenues courantes pour beaucoup de Marocains, ce qui réduit par ailleurs la capacité à épargner. Au 3e trimestre 2021, le solde d’opinion sur la capacité future à épargner reste négatif à 70,4 points. Globalement, le taux d’épargne a diminué au cours des dernières années passant de 14% en moyenne entre 2010 et 2014 à 12% sur les cinq années suivantes.

F. Fa

 

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