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L’Afrique à l’heure des enjeux de l’après Covid-19

Par Karim Dronet | Edition N°:6133 Le 11/11/2021 | Partager
Le Forum de Dakar sur la paix et la sécurité du continent les 6 et 7 décembre prochains
Les questions sécuritaires et la prévention de l’extrémisme violent au centre des débats

«Les enjeux de stabilité et d’émergence en Afrique dans un monde post Covid-19», c’est le thème retenu cette année pour la 7e édition du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

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En prélude au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, un déjeuner-débat a été organisé le week-end dernier dans la capitale sénégalaise, à l’initiative de la chef de la diplomatie sénégalaise, Aïssata Tall Sall (Ph. Forum de Dakar)

Reporté en raison de la crise sanitaire mondiale, ce sommet, qui se tiendra dans la capitale sénégalaise les 6 et 7 décembre prochains, se penche une nouvelle fois sur les maux du conti­nent qui peine à asseoir les fonde­ments d’un développement durable.

En prélude à ce Forum internatio­nal de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, un déjeuner-débat a été organisé le week-end dernier dans la capitale sénégalaise par le ministère des affaires étrangères et des Sénéga­lais de l’extérieur (MAESE).

Tenue à l’initiative de la chef de la diplomatie sénégalaise, Aïssata Tall Sall, cette rencontre de haut niveau a réuni des éditorialistes de la presse africaine, des chercheurs renommés et des officiers généraux pour débattre des questions de sécurité sur le continent et en particulier dans la sous-région. Et le contexte dans lequel se tiendra ce Forum de Dakar est bien particu­lier. De nombreux pays de la région viennent d’ailleurs de connaître ces derniers temps des coups d’Etat qui fragilisent leur stabilité et leur sécu­rité.

Selon la ministre sénégalaise des Affaires étrangères, pour parler de sécurité, «il faut disposer d’une ap­proche tautologique de la situation et les coups d’Etat ne naissent pas seu­lement parce qu’il y a de l’insécurité. Mais nous pensons que lorsqu’un coup d’Etat survient, l’insécurité peut venir avec. C’est pour cela que nous ne faisons pas de distinction. C’est un binôme que nous devons prendre en considération dans nos réflexions. Maintenant toute cette situation nous rattrape.

Et de poursuivre: «lorsque nous imaginions la septième édition du Forum international de Dakar, il n’y avait pas ces séquences de coup d’Etat en Afrique de l’Ouest. Pour au­tant, notre responsabilité nous recom­mande d’y réfléchir et de le mettre dans le package des réflexions que nous allons avoir à Dakar».

Concer­nant la thématique abordée cette an­née encore par le Forum, qui se tient dans quelques semaines après deux ans d’absence, la chef de la diploma­tie sénégalaise a également affirmé que «si chaque année le même thème revient, c’est parce que le problème est là et que le questionnement doit rester permanent.

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Le contexte dans lequel se tiendra le Forum de Dakar est bien particulier. De nombreux pays de la région viennent d’ailleurs de connaître des coups d’Etat qui fragilisent leur stabilité et leur sécurité (Ph. AFP)

Mutualiser les compétences

Nous continuerons à nous interro­ger de la même manière et nous tente­rons d’y apporter la solution». Ainsi, pour amorcer la réflexion, trois spé­cialistes de renom ont participé à ce déjeuner-débat. Il s’agit tout d’abord du Général de brigade Usman Ab­dulmumuni Yusuf, directeur des Af­faires Stratégiques à l’Etat-major de l’Armée Nigériane, qui a notamment évoqué l’opportunité d’opérationna­liser la Force Africaine toujours en attente. Il a ainsi insisté sur le besoin de coordination des armées présentes dans le Sahel et sur une plus grande implication de l’Afrique du Nord dans le processus de stabilité et de sécurité dans la région.

Une intervention aussi très remar­quée, celle de l’éminent professeur Bakary Sambé, directeur de Timbuktu Institute, dont le propos a porté sur la nécessité de s’attaquer aux causes pro­fondes des conflits et de l’extrémisme violent en Afrique. Développant les résultats d’une enquête menée en 2016 chez des jeunes de Zinder au Ni­ger, il a ainsi affirmé que les facteurs qui poussent les jeunes africains vers l’extrémisme violent sont à plus de 85% liés au chômage et à la précarité sociale.

Selon lui, «les pays doivent mutualiser leurs compétences, de manière conjointe, de manière coo­pérative parce que c’est un mal qui ne connaît pas de frontière. C’est le sens de toute cette coopération afri­caine». Pour sa part, le professeur Cheikh Ibrahima Niang de l’Univer­sité Cheikh Anta Diop de Dakar s’est attardé sur l’impact de la Covid-19 sur une jeunesse déjà fragilisée par la précarité.

Il a notamment insisté sur le rôle que la mère africaine peut jouer dans l’éducation de ses enfants et lui donner la dignité d’affronter les défis de la vie. Et assurément, les défis sont encore nombreux pour une Afrique qui vise le développement durable, la paix et la stabilité. Les grands thèmes qui seront développés par les quelques 400 experts qui se réuniront à Dakar les 6 et 7 décembre prochain.

Karim DRONET

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