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Défis et espérances à l’horizon 2035 (Seconde partie)

Par M’Fadel EL HALAISSI | Edition N°:6141 Le 24/11/2021 | Partager

M’Fadel El Halaissi est directeur général délégué de Bank of Africa

Dans cette seconde partie, l’auteur poursuit son analyse sur l'accélération du rythme de l’évolution des modes de vie des sociétés humaines auxquels se posent avec acuité plusieurs nouveaux défis, de plus en plus alarmants: écologiques et environnementaux, de ressources naturelles, sociaux, de modèles de civilisations humaines. Face à cela, il existe aussi les espérances avec d'autres défis... à l'horizon 2035.

L’Homme est par nature un être intelligent, et l’intelligence humaine est composée de plusieurs aptitudes, notamment cognitives, qui lui confèrent une grande capacité d’adaptation et une créativité exceptionnelle quand les conditions de sa vie sont soumises aux contraintes et aux pressions exogènes.

Cette intelligence se développe constamment chez l’Homme qui capitalise les connaissances et le savoir transmis et acquis par l’accumulation historique, et qui développe ce capital humain d’intelligences multiples en adaptation avec les éléments de son propre environnement.

Cette faculté propre à l’Homme, unique dans sa puissance et ses variantes par rapport à tous les êtres vivants sur notre planète, nous permet d’entrevoir de grandes espérances à relever tous les défis et particulièrement les trois principaux défis énumérés ci-dessus.

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En 1850, la population mondiale n’était que de 1,2 à 1,4 milliard de personnes, comparée à celle d’aujourd’hui de 7,8 milliards, on est bien loin de cette thèse qui aurait décimé 80% de la population de la planète! (Ph. AFP)

A- Démographie, population et alimentation
Déjà à la fin du XVIIIe siècle, Thomas Mathus (1766-1834) annonçait une thèse selon laquelle il y a une asymétrie entre la croissance démographique et la croissance de la production des ressources. La population augmente selon un rythme géométrique, et la production selon une croissance arithmétique.
En 1850, la population mondiale n’était que de 1,2 à 1,4 milliard de personnes, comparée à celle d’aujourd’hui de 7,8 milliards, on est bien loin de cette thèse qui aurait décimé 80% de la population de la planète!
Or, l’intelligence humaine a non seulement assuré la nourriture pour la majorité de la population mondiale mais également en très grande abondance pour une partie. Si Thomas Mathus savait que l’Homme pouvait produire en hors-sol, et multiplier les rendements par des apports techniques et fertilisants, il n’aurait jamais conclu à sa doctrine, et considérera que l’Homme est d’abord une richesse avant d’être une simple bouche à nourrir.
Les innovations techniques et technologiques en matière de production des ressources foisonnent, allant du développement des fertilisants, à la sélection des semences, en passant par la production en hors-sol, marine, et enfin des programmes de lutte contre la désertification, la régression et la dégradation des terres arables. L’intelligence humaine n’a pas encore fini de nous étonner sur ce sujet quand elle aura associé la maîtrise de l’énergie et de l’eau.
De grandes perspectives d’innovation seront bien là en l’an 2035 pour assurer la sécurité alimentaire de la majeure partie de la population mondiale.

B- Les énergies renouvelables et espérances énergétiques
Par définition, les énergies renouvelables sont inépuisables, et l’estimation de leur potentiel se mesure par rapport aux quantités de flux énergétique que peut fournir chaque type d’énergie renouvelable.
L’essentiel à retenir est que les espérances humaines en matière énergétique résident dans cette typologie variée des énergies renouvelables, qui aujourd’hui ne représentent que 5 à 6% de la consommation mondiale.
La recherche-développement se poursuit à grande vitesse pour inverser les proportions et permettre la mise en place d’une politique universelle de réduction des conditions de réchauffement de la planète, dont l’énergie est un facteur déterminant.
La typologie des énergies renouvelables est relativement variée, ce qui offre autant de gisements à développer en dépit des limites et des contraintes afférentes à chaque nature d’énergie renouvelable, dont notamment :
- L’hydroélectrique
- L’éolienne
- Le solaire photovoltaïque
- La biomasse (biogaz, biocarburant, bois)
- Les déchets ménagers
- La géothermie
- Le solaire thermique
- Pompe à chaleur de l’eau, air, sol.
C’est dire que les variantes d’énergie renouvelable sont bien là, reste à l’intelligence humaine de définir les contraintes liées à leurs conditions d’exploitation.
L’Homme nourrit de grandes espérances sur l’une d’elles, l’énergie solaire!
Depuis plus de 4,5 milliards d’années, notre système solaire s’alimente de cette fabuleuse énergie propulsée par le Soleil. Notre planète terre est abondamment arrosée par cette énergie chaque jour, estimée à 1 kW/m².
Un potentiel hors mesure au regard de la consommation mondiale actuelle d’énergies. Ce potentiel demeure exceptionnel même si nous limitons l’exploitation à quelques espaces à forte exposition (déserts) aux rayons solaires, les besoins de l’humanité seront largement couverts.
À titre d’exemple, la couverture de 0,3% des 40 millions de km² de déserts et autres espaces appropriés, suffirait pour assurer la couverture des besoins d’énergie électrique de la planète de 2009.
Or, la technologie de l’exploitation de l’énergie solaire avance chaque jour, en moins de dix ans, le coût de production du kWh solaire a été divisé par 3, et les perspectives sont très prometteuses pour l’an 2035!
Le coût devra être au-dessous de celui des énergies classiques.

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La recherche-développement se poursuit à grande vitesse pour inverser les proportions et permettre la mise en place d’une politique universelle de réduction des conditions de réchauffement de la planète, dont l’énergie est un facteur déterminant (Ph. L’Economiste)

C- L’eau, source de la vie
Les transformations des modes de vie d’une grande partie de la population mondiale, l’urbanisation accrue, et une démographie galopante font que les besoins en eau doivent connaître une croissance soutenue.
Deux actions en parallèle sont nécessaires pour l’humanité, d’une part observer une politique universelle de l’économie des ressources hydriques sur terre, et d’autre part innover dans la recherche pour la production de l’eau douce. Concernant l’économie de l’eau, les méthodes d’irrigation par système gravitaire sont à remplacer par des méthodes moins consommatrices de l’eau pour l’irrigation. Plus de 70% de la consommation d’eau est accaparée par l’agriculture, dont certains produits sont trop gourmands en eau, comme le montre le tableau suivant (à titre d’exemple):
Cette denrée vitale pour l’Homme est à appréhender dans une logique de sa survie plus que de celle de son confort.
Aussi, toute son intelligence sera focalisée sur le comment produire de l’eau là où il y a pénurie?
Comment détourner l’eau de là où elle est abondante, vers les régions désertiques?
Pour la production de l’eau, deux grandes espérances se profilent, dont l’une est déjà en phase de décollage.
Le dessalement de l’eau de mer, et les techniques de séparation des éléments de l’air.
Les 2/3 de la surface de la planète terre sont couverts d’eau de mer salée. Les progrès techniques constatés dans le processus de dessalement sont prodigieux, et l’avenir de la recherche développement visant la réduction des coûts du M3 d'eau dessalé laisse présager des résultats forts encourageants. Actuellement en 2020, plus de 100 millions de m3 d'eau par jour sont dessalés dans le monde.
C'est dire que la technologie est prouvée, et qu'à l'échelle humaine, on est à peine aux balbutiements des nouvelles techniques de la production de l'eau.
La combinaison des techniques de dessalements par osmose inverse avec l'énergie solaire ou éolienne retiendra l'attention de l'intelligence humaine pour aboutir à un coût de production du m3 dessalé au même prix, voire moins cher que le coût du m3 de l'eau de surface!

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Enfin, sans verser dans l'esprit de la science-fiction de Jules Verne (1828-1905), l'Homme devra être en mesure de produire de l'eau à partir d'une ressource très abondante, l'air.

L'air est un mélange gazeux constitué de 78% d'azote, de 21% d'oxygène, 1% d'argon et d'autres gaz (dioxyde de carbonne, de la vapeur d'eau, etc.).
La vapeur d'eau représente entre 0,1% et 4% de la troposphère.
L'atmosphère est chargée de vapeur d'eau provenant de l'évaporation de l'eau des océans et des surfaces, et de l'évapotranspiration des plantes. L'atmosphère est très riche en eau, et selon les trois états, gazeux, liquide et solide.

Les techniques de captage de ces vapeurs doivent connaître des développements et progrès techniques à la faveur de l'évolution des techniques de séparation des éléments de l'air, et des techniques de captage de la vapeur d'eau dans l'atmosphère.

Ainsi, l'optimisme reste de mise à l'horizon 2035. Bien d'autres défis sont également à relever, allant de la lutte contre le racisme, des inégalités des richesses et des sexes, de l'éducation et de la santé pour tous, etc. en passant par les conséquences désastreuses du réchauffement climatique, pour aboutir au grand défi de placer l'Homme au cœur de toutes les préoccupations humaines et de le considérer comme l'ultime richesse de cette planète.

 

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