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Travail post-Covid: Attention au burn out!

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:6141 Le 24/11/2021 | Partager
Isolement, démotivation, les contraintes du télétravail
La pandémie a surtout contribué à l’augmentation des inégalités
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Retirer les repères temporels et géographiques et placer les travailleurs dans une situation d’inconfort dans leurs pratiques professionnelles fabriquent du désordre et de l’incertitude, souligne Jean Marie Peretti, président d’honneur de l’IAS et de l’Essec (Ph. Agef Marrakech)

Si le télétravail a été une solution pour les entreprises pendant les pics de pandémie, il a aussi démontré ses contraintes durant la même période.  En effet, ni les entreprises, ni les collaborateurs n’y étaient préparés. Certains salariés ne disposaient même pas des moyens pour télétravailler au tout début de la pandémie.

Par moyen, l’on entend aussi des outils de travail mais aussi des espaces chez soi. La pandémie de Covid-19 a eu un effet très fort et négatif dans plusieurs secteurs de la société et de l’économie au Maroc et ailleurs dans le monde. Ainsi, bien qu’elle ait provoqué une crise socio-économique très vaste et généralisée en ce qui concerne le marché de travail, la pandémie Covid-19 a surtout contribué à l’augmentation des inégalités (déjà présentes) parmi les différents secteurs d’emploi et de populations, insiste Doha Sahraoui, universitaire à Cadi Ayyad et vice présidente de l’IMAS (vice-présidente de l’Institut marocain de l’audit social lors de la rencontre internationale des professionnels RH-DiscoveRHMarrakesh-, organisée par l’AGEF Marrakech et la fondation Konrad Adenauer.

Par catégorie, les femmes ont été exposées, plus que les hommes, à des situations inédites sur le plan professionnel conjuguées avec des défis de soutien scolaire à leurs enfants et à la gestion du foyer. Plusieurs femmes ont été obligées de démissionner pour se consacrer au plus urgent «les enfants et leur scolarité».

Pour d’autres catégories sociales, le télétravail a créé un sentiment d’isolement qui nécessite de revoir le management d’autant plus que l’on n’est pas à l’abri de nouvelles vagues, estime Chafik Bentaleb, professeur à l’université Cadi Ayyad et directeur de la Chaire Innovation Managériale. Le confinement n’a pas fait que des heureux et a même entraîné un burn out chez les salariés et beaucoup de malheureux au travail.

Certains ont vécu une multiplication des réunions  ainsi  qu’un véritable envahissement de l’entreprise dans la sphère privée,  or, un salarié soumis à une forte pression psychologique est exposé à des risques de stress et à terme à des problèmes de santé.

«Retirer les repères temporels et géographiques, placer les travailleurs dans une situation d’inconfort dans leurs pratiques professionnelles, les couper de toute stabilité relationnelle par la fréquentation quotidienne des mêmes collègues, pourraient fabriquer du désordre et de l’incertitude sans pour  autant libérer des contraintes au risque de faire disparaître le sens du travail» souligne Jean Marie Peretti, président d’honneur de l’IAS (institut international de l’audit social et de l’Essec. Au-delà du «bonheur au travail», le défi pour les entreprises est de favoriser le «bonheur par le travail», conclut le professeur.

Badra BERRISSOULE

 

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