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L’université Hassan II mal notée par ses étudiants

Par L'Economiste | Edition N°:3669 Le 02/12/2011 | Partager
Conclusion d’une enquête menée auprès de 2.500 personnes
Hygiène, pédagogie, encadrement, les critiques fusent

Source: Université Hassan II Casablanca
Les établissements qui ne pratiquent pas de sélection à l’entrée enregistrent les plus faibles taux de satisfaction. Le plus mal noté de tous est la faculté de droit qui concentre 40% des effectifs de l’université Hassan II Aïn Chock. Cela explique en partie l’énorme taux d’abandon en première année de la licence fondamentale dans cet établissement.

Les étudiants de l’université Hassan II Aïn Chock ne sont pas du tout satisfaits des prestations de leur établissement. Ni les milliards du plan d’urgence, ni la refonte des programmes ne sont arrivés à impacter l’appréciation de la qualité des enseignements et des méthodes pédagogiques. C’est en gros la tendance majeure qui se dégage de l’enquête de satisfaction menée par l’université auprès de ses étudiants et dont L’Economiste publie en exclusivité les résultats.
L’exercice en soi est périlleux tant le passif était important, mais les responsables de l’université ont pris le risque de remonter les attentes des étudiants. «L’objectif est de construire une relation transparente avec les étudiants; relation que nous entendons inscrire dans la continuité», justifie Jaafar Khalid Naciri, président de l’université.
Résultat: un tableau plutôt sombre sur l’essentiel des critères d’évaluation. Seul 1 étudiant sur 5 se dit satisfait des services assurés à l’université. «Pour tout vous dire, nous avons été surpris de voir des étudiants satisfaits», relève ironiquement Jaafar Khalid Naciri qui s’attendait sans doute à pire. Malgré un jugement très sévère des étudiants, ce dernier se dit «rassuré de voir que le cœur du métier de l’université, à savoir la formation et l’organisation des études, recueille les scores les plus élevés». Tout n’est donc pas sombre, à en croire le président de l’université Hassan II.
En effet, selon l’enquête, quatre étudiants sur dix (39%) sont satisfaits par la formation et l’organisation des études, l’un des rares domaines à trouver grâce auprès des étudiants. Le taux de satisfaction remonte à 50% à la faculté de médecine et à plus de 60% à la faculté de médecine dentaire. Ces «bonnes notes» s’expliquent par une meilleure qualité de l’encadrement que rendent possible des effectifs plus réduits et la disponibilité du matériel pédagogique.
Les taux d’insatisfaction les plus élevés sont enregistrés auprès de l’Ecole supérieure de technologie (ESTC) avec 75% et à la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales, 65%. Pour ce dernier cas, ceci est sans doute l’une des principales explications de l’énorme taux d’abandon en première année de la licence fondamentale.
Pour tous les établissements, cette satisfaction est moyenne pour les «matières enseignées» et les «emplois du temps» (avec respectivement 48 et 47%). Par contre, le «déroulement des enseignements» qui fait partie du cœur du produit, et le dispositif «des contrôles continus» font beaucoup de mécontents (65 et 68% de taux d’insatisfaction). La qualité «des supports et polycopies» recueille également une appréciation très faible: 32% des étudiants satisfaits.
L’autre grosse source d’insatisfaction est l’encadrement pédagogique: 2/3 des étudiants. En comparant les établissements, cette satisfaction est plus importante au sein de la faculté de médecine (65%), plus faible au sein de l’ESTC (24%) et de la faculté de droit (26%). Le degré de satisfaction est de 30% pour les «méthodes pédagogiques» et de 28% pour les «modes d’évaluation» utilisés par les professeurs.
Au risque de surprendre, l’assiduité des professeurs ne semble guère être un motif d’insatisfaction des étudiants. 45% d’entre eux en sont satisfaits. Ceux-ci estiment à 34% que les profs sont relativement disponibles. En revanche, le tutorat, encore tout récent, connaît un faible degré de satisfaction: seulement 26%. A noter que les taux de satisfaction les plus bas en été enregistrés à la faculté de droit (26%) et à l’ESTC (24%).
La situation est encore moins rassurante pour ce qui est du matériel pédagogique: huit étudiants sur dix (82%) déplorent l’état dégradée et l’indisponibilité du matériel. Le mécontentement concerne notamment les espaces pédagogiques (71%), les équipements pédagogiques (78%) et les équipements informatiques (82%). Le taux de satisfaction chute à 11% pour les «équipements des laboratoires» et «l’accès à Internet». Sur ce dernier point, la présidence de l’université rassure: «les premières zones Wifi seront opérationnelles avant la fin de l’année. Les installations sont faites et il ne reste plus qu’à programmer le système mis en place», indique Jaafar Khalid Naciri. Précisons que l’insatisfaction est surtout de mise au sein des établissements à accès ouverts (notamment à la faculté de droit: 14%. Et la faculté des lettres et des sciences humaines: 17%).

Ayoub NAÏM

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