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Le concept RSE se démocratise, mais…

Par L'Economiste | Edition N°:4202 Le 30/01/2014 | Partager
Le vide juridique pose encore problème
La communication financière subit les mêmes difficultés

LES acteurs du marché entrepreneurial sont unanimes: la responsabilité sociale de l’entreprise (RSE) a besoin d’une législation dédiée. Réunis mardi 28 janvier pour discuter de l’articulation et des apports de la RSE et la communication financière, les opérateurs ont tous déploré l’absence de législation.
Une loi cadre (99-12) doit être «prochainement éditée», selon Aziz Derj, président de l’association pour le développement de la responsabilité sociétale des organisations (RSO) au Maroc. Cette loi, qui a été validée par le Conseil de gouvernement en 2012, prévoit «des mesures d’ordre institutionnel, économique et financier en vue d’instaurer une gouvernance environnementale garantissant l’efficacité et la cohérence des actions menées». Une disposition qui semble satisfaire l’ensemble des défenseurs du développement durable.
En attendant, le milieu professionnel est privé d’un cadre légal de contrôle des piliers de la RSE, régis par la norme ISO 26.000. Ces fondamentaux qui sont au nombre de sept vont de la communication à la transparence, en passant par l’éthique des affaires ou encore l’efficacité de l’indépendance, de gouvernance. La protection de l’environnement, le respect des droits de l’Homme, la valorisation du capital humain et l’engagement sociétal en font également partie.
L’absence actuelle de législation pose aussi un problème d’engagement. A peine 59 entreprises ont acquis le label RSE octroyé par la CGEM et seulement 8 des 46 entreprises cotées sont notées «Top performers en responsabilité sociale» par l’agence Vigeo. Pourtant, l’Etat aurait mis, à la disposition des entreprises souhaitant se mettre à niveau aux normes RSE, une enveloppe financière comprise entre 1 et 5 millions de DH.
Ceci dit, la loi 99-12 ne colmatera pas totalement cette brèche. A caractère seulement incitatif, elle n’oblige pas les entreprises à s’inscrire dans une démarche RSE.
Il n’empêche que le concept présente plusieurs avancées. A ce titre, Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), relève que l’approche de la démarche volontariste du Maroc, à vouloir démocratiser le label RSE, en fait un pays pionnier sur l’ensemble de la région Mena. «Le pays s’inscrit dans une transition économique avec une prise en compte des normes internationales. Ce qui permettra d’attirer davantage d’investisseurs étrangers», affirme Baraka. Le président du CESE n’a pas manqué cette occasion pour présenter la «charte sociale» produite par le Conseil économique dans ce sens. Cette charte, qui se veut «protectrice des droits sociaux et économiques», a gagné sa légitimité auprès des institutions internationales. En effet, le projet a été validé par l’ensemble des CES des pays francophones. D’ailleurs, l’équipe de Baraka se rendra au Niger pour présenter cette charte.

Absence d’indicateurs

LA communication financière rencontre le même type de freins que la RSE, à commencer par la «carence» juridique. Rachid Belkahia, directeur associé en gouvernance Maroc, déplore notamment «l’insuffisance du contenu des rapports annuels en l’absence de référentiel et de présentation standardisée comme c’est le cas pour la Tunisie». Il souligne également l’absence des indicateurs modernes dans les rapports.

A. Lo

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