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Plateformes industrielles intégrées
Aéronautique: Le Maroc moins compétitif que les USA!

Par L'Economiste | Edition N°:4439 Le 13/01/2015 | Partager
MidParc 50% plus cher que Wichita, le hub mondial de l’industrie
Les opérateurs veulent la généralisation du mode locatif

Un facteur  «handicapant», voilà comment les professionnels décrivent le niveau du coût du foncier sur l’unique plateforme de l’industrie aéronautique dont dispose le Maroc. Ils n’ont pas tout à fait tort: le mètre carré sur le site de MidParc, développé et aménagé dans la zone de Nouaceur par MedZ, bat des records de cherté dans l’industrie mondiale de l’aéronautique. Fixé à partir de 1.000 DH/m2, le site de Casablanca est aujourd’hui très mal positionné sur ce créneau face aux destinations concurrentes comme comme le Mexique, la Roumanie ou la Tunisie, où le foncier est gratuitement octroyé. Le site Maroc est même 50% plus cher que Wichita, aux Etats-Unis, le hub de l’aéronautique mondiale «Air capital of the world». «Le business model répond aux besoins des investisseurs, mais le coût du foncier reste un goulot d’étranglement qui gêne l’expansion du secteur, notamment pour sa composante PME», explique Mohamed Benbrahim El Andaloussi, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (Gimas). Pis encore: l’impact du foncier dans le coût du bâtiment dépasse la barre des  20% pour atteindre même 25% pour des usines simples, dans certains cas. Dans la norme internationale de l’industrie, ce coût dépasse rarement 10% et même moins dans certains pays.
Sur cette base, il n’est évidemment pas étonnant que seuls les grands groupes (Bombardier, Aerolia, etc.) ont aujourd’hui les moyens de s’installer sur cette plateforme, au détriment des PME qui, pourtant, constitueront les écosystèmes et le cœur du secteur dans les années à venir. «Il faut ramener aussi le coût au prix de revient dans l’aménagement développement hors site et in situ du prix de revient, ainsi que l’emplacement du parc à l’aéroport de Nouaceur», relativise le président du Gimas. Plateforme lancée en septembre 2013, «son taux de commercialisation est aujourd’hui de l’ordre de 30%», précise un responsable de MidParc.SA, la société de gestion. L’ambition est de passer à la seconde phase dans deux à trois ans, «en fonction de l’accélération de la  demande», selon cette même source. Mais à ce rythme, les plans d’extension peuvent encore rester dans les tiroirs. 

Les promesses du PAI

Sur le volet des charges foncières, les professionnels ont déjà saisi le ministre de l'Industrie sur la question, dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (PAI). La tutelle s’est engagée à mettre à leur disposition le foncier nécessaire à l’envol du secteur. Ces terrains seront proposés sur le modèle de contrat de location, dans des conditions très attractives, pour agir sur le handicap du coût du foncier. «Mais cela prendra certainement du temps à être mis en place entre le choix des sites et leur aménagement pour les futures zones industrielles», s’impatiente le président du Gimas. L’urgence se situe d’abord dans l’existant. Pour le responsable du groupement, il serait opportun de réfléchir sur des solutions similaires à celles que prévoit  le PAI, en transformant le foncier à la vente en offre locative dans le cadre de contrat long terme, sur le site de MidParc.

S.F.

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