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Sefrou: Coup d’envoi de la construction du barrage M’dez

Par L'Economiste | Edition N°:4439 Le 13/01/2015 | Partager
1,5 milliard de DH d’investissement et 50 mois de travaux, le chantier lancé par le Roi
Objectifs : irrigation, lutte contre les inondations, et production d’énergie

La sécurisation des ressources en eau reste une priorité au Maroc. Preuve en est que depuis quelques années, de plus en plus de barrages sont construits un peu partout dans le pays. Ainsi, le Roi a donné, lundi 12 janvier, le coup d’envoi de la construction d’un des plus gros ouvrages du Royaume. Il s’agit du barrage M’dez, situé dans la commune rurale de Tazouta relevant de la province de Sefrou. D’un coût global de 1,5 milliard de DH, ce projet tant attendu sera financé par le ministère délégué chargé de l’Eau.
En effet, le barrage M’dez, d’une capacité de retenue prévue de 700 millions m3, soit le huitième du pays, en taille, vise la protection des zones aval contre les inondations, la production de l’énergie électrique, l’amélioration du volume régularisé au niveau du haut Sebou pour le développement de l’irrigation dans le bassin, ainsi que l’amélioration de l’alimentation en eau potable des centres avoisinants. Il permettra également la recharge de la nappe phréatique et l’irrigation des terres agricoles du Saïss (125 millions de m3). Ce barrage est d’une hauteur sur fondation de 109 m, d’une longueur en crête 320 m, et d’un volume de 2,5 Mm3 de remblais, sera construit sur une superficie de 27,5 ha.
Ce projet structurant s’assigne aussi la généralisation de l’accès à l’eau potable, l’amélioration des conditions de vie et de santé des citoyens de la région, le désenclavement des populations locales, le développement du tourisme environnemental grâce à l’exploitation de la retenue du barrage, outre la création de 400.000 jours de travail pendant la période de réalisation du projet, estimée à 50 mois. Avec une capacité de stockage de 700 millions de m3, cet ouvrage hydraulique permettra également la régularisation d’un volume annuel de 196 millions de m3 d’eau. Il sera finalisé d’ici fin 2018.
Dans le cadre de la mise en valeur de la zone du barrage M’dez, un programme d’aménagement de l’amont du bassin versant des barrages Allal El Fassi et Zelloul ainsi que le centre M’dez (Temerririne), doté d’une enveloppe budgétaire de 225 millions de DH, est mis en œuvre par le haut commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification. Ce programme (2015-2024) contribuera à la lutte contre l’érosion du sol, la préservation des écosystèmes et la réhabilitation des zones forestières sur une superficie de 19.000 ha, le désenclavement de 80 douars de la région (27.000 âmes) et la protection contre les risques d’inondations. Il est attendu également l’ouverture et l’entretien de 300km de pistes forestières, un programme de plantation d’arbres et de plantes, outre l’encouragement de l’apiculture.
Par ailleurs, des explications ont été fournies au Souverain concernant le projet de sauvegarde des zones irriguées de la plaine du Saïss. D’un investissement de 3,8 milliards de DH, ce projet vise le développement de l’agriculture grâce à une gestion rationnelle de 125 millions de m3 des ressources hydrauliques sur une superficie de plus 30.000ha. Il sera fin prêt en 2019 et bénéficiera à quelques  25.000 agriculteurs des régions de Fès-Boulemane et de Meknès-Tafilalet.
L’objectif étant d’abord la réhabilitation et la modernisation des réseaux d’irrigation dans les zones ciblées. Le projet porte sur la construction d’une conduite de 12km, un canal de 78km, et d’un réseau de distribution des eaux d’irrigation. Ceci permettra à terme la reconversion de l’irrigation gravitaire en irrigation localisée sur les exploitations privées et réseaux collectifs dans toute la région pour s’affranchir des aléas climatiques et atténuer la surexploitation des nappes. Figurent aussi parmi les priorités du projet, la résorption du décalage d’aménagement hydro-agricole à l’aval du barrage M’dez, et la préservation de l’environnement ainsi que l’utilisation rationnelle des ressources naturelles spécifiques à l’eau. Grâce à ce projet, le revenu des agriculteurs grimpera de 30.000 à 50.000DH par hectare, outre la création de 3.000 emplois directs.

Ressources en eau

La région de Fès-Boulemane s’étend sur 2 bassins hydrauliques : le bassin du Sebou et le bassin de la Moulouya (respectivement 40% et 60% de la superficie totale de la région). La moyenne des précipitations est comprise entre 400 et 500 mm dans le bassin du Sebou, et de l’ordre de 200 mm dans le bassin de la Moulouya. Autres ressources hydrauliques, les apports annuels en eau de surface qui présentent une irrégularité importante dans l’espace et dans le temps. La région dispose, en effet, de 13 barrages et lacs collinaires ayant une capacité de stockage de 260 millions de m3. Notons enfin que le barrage M’dez permettra de régulariser un volume annuel de l’ordre de 196 millions de m3 destiné essentiellement à la sauvegarde de la nappe de Saïss. Sa construction nécessitera la réalisation de 770.000 m3 d’excavation, la mise en place de 2,6 millions de m3 de remblais et 115.000 m3 de béton.

Le projet en chiffre

• Type d’ouvrage: digue en alluvions
    à masque amont en béton
• Bassin versant: 3490 km2
• Apport moyen annuel: 196Mm3/an
•  Crue du projet: 5000m3/s
•  Hauteur sur fondation: 109 m
• Longueur de la crête: 320m
• Volume de l’ouvrage: 2.5Mm3
• Volume de la retenue: 700Mm3
• Coût total du projet: 1,5 milliard de DH
• Source de financement: le budget
   général de l’Etat
• Echéance de réalisation: 50 mois.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

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