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Assises nationales du tourismeInvestissements: Le Maroc postule à la première division

Par L'Economiste | Edition N°:1193 Le 25/01/2002 | Partager

. Faute d'investissements, l'offre touristique marocaine et sa capacité hôtelière sont restées figées pendant des années. Les nouvelles stations balnéaires vont enfin propulser la destination en première division sur le marchéC'est une véritable course contre la montre qu'engagent pouvoirs publics et opérateurs privés pour rattraper le retard du Maroc sur le marché mondial du tourisme. Pour la réalisation des objectifs du plan d'orientation stratégique définis par l'accord-cadre signé l'an dernier à Marrakech, il faudra multiplier le rythme actuel d'extension de la capacité d'hébergement par 6. Ce qui équivaut à une production de 16.000 nouveaux lits en moyenne par an d'ici 2010. Au total, les besoins en investissement se chiffrent à 30 milliards de dirhams.Le défi est énorme. Mais le tourisme peut désormais s'appuyer sur la volonté politique exprimée au plus haut niveau de l'Etat pour qu'il devienne enfin le pilier du développement de l'économie. Plusieurs pays l'ont fait, à commencer par le voisin espagnol. C'est cela le principal message que ces deuxièmes assises du tourisme veulent passer en direction de tous les acteurs de l'industrie touristique et des partenaires du Maroc. Car, malgré un potentiel énorme, le Maroc n'avait pas réussi à trancher sur les choix des secteurs stratégiques de son économie. Pendant que ses concurrents se diversifiaient pour coller aux évolutions de la demande et élargissaient leur offre, le Maroc était dans l'incapacité de mettre de l'ordre dans la gestion de ses réserves foncières. Les guéguerres entre les différentes administrations gestionnaires sont un secret de Polichinelle. La concurrence, notamment l'Egypte, réussissait le pari d'aménager trois nouvelles stations balnéaires sur la mer Rouge en l'espace de dix ans, en ayant confié à un seul organisme de larges pouvoirs d'arbitrage en matière de foncier et d'accueil des investisseurs. D'ailleurs, au début de la réflexion sur le contrat-programme, le ministère du Tourisme avait envoyé ses cadres étudier l'expérience égyptienne.Idem pour la Turquie, loin derrière le Maroc, au début des années 80, mais qui s'est dotée en peu de temps de plusieurs stations balnéaires et d'une capacité d'hébergement représentant plus du double de celle du Maroc. Ces hésitations ont coûté très cher au développement de l'industrie touristique. La plupart des indicateurs du secteur avaient peu ou prou évolué quand ils ne stagnaient pas: la capacité hôtelière est restée figée depuis des années à un peu plus de 95.000 lits, un chiffre en dessous du seuil minimal défini par l'Organisation Mondiale du Tourisme pour prétendre au statut de destination touristique (150.000 lits). C'est aussi moins que la capacité d'hébergement d'un département français. Dans ce total, un bon tiers avait besoin d'une sérieuse cure de jouvence et de mise à niveau urgente. Faute d'une offre dense et diversifiée, la destination marocaine n'a pas pu tirer profit de l'explosion du marché touristique au milieu des années 80. A une demande internationale majoritairement orientée vers le balnéaire, il ne pouvait aligner qu'une seule station, Agadir, alors que l'une de ses belles façades maritimes au nord était livrée à une incroyable spéculation. Cela aura été, aux dires des spécialistes, le plus grand “gâchis” de la politique d'aménagement touristique. La conséquence est que le Maroc ne pouvait espérer au mieux qu'attirer 1,5 à 2 millions de touristes par an, soit cinq fois moins que l'objectif visé en 2010. . Principal pôle d'attraction des investisseursL'autre grande faiblesse de son produit -notamment l'hôtellerie- est l'absence d'une offre moyenne et économique. Au côté des 4-5 étoiles (et encore pour certains, les standings sont discutables), c'est le grand vide.A noter qu'avant l'arrivée de majors internationaux dans la deuxième moitié de la décennie 90, les périodes de vaches maigres de l'investissement dans le tourisme coïncidaient, grosso modo, avec celles du boom des flux touristiques dans le monde. C'est cela aussi le paradoxe. Au début des années 80, la moyenne d'investissement dans le tourisme dépassait péniblement 200 millions de dirhams par an. C'est tout l'inverse que l'on observe aujourd'hui. Le tourisme constitue le principal pôle d'attraction des investissements étrangers, abstraction faite des grosses opérations ponctuelles dans les télécommunications. Dans la carte des destinations touristiques, le Maroc est considéré aujourd'hui comme un élément stratégique par la plupart des grands groupes mondiaux. L'essentiel des programmes faisant l'objet de conventions d'investissement appartient à ces multinationales. A en juger par la diversité de l'origine des promoteurs, le tourisme a réussi là où l'industrie coince encore, à savoir ratisser au-delà du cercle traditionnel des investisseurs au Maroc. La réalisation de l'accord-cadre du tourisme va forcément crédibiliser la destination sur l'échiquier international. Dans une industrie de masse comme le tourisme, plus vous êtes gros, plus vous comptez sur le marché. Abashi SHAMAMBA

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