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BCE: Le premier refinancement en Euros

Par L'Economiste | Edition N°:417 Le 07/01/1999 | Partager

La jeune institution européenne vient d'effectuer sa première sortie pour le maintien de la liquidité afin d'assurer un taux de marché monétaire autour de 3%. Elle accorde ainsi la somme de 75 milliards d'Euros de liquidité à un système venant tout juste de sortir de sa coquille.

La Banque Centrale Européenne (BCE) a procédé en début de semaine à sa première opération de refinancement en Euros, soit son premier acte officiel en matière de politique monétaire européenne ordinaire. Elle a ainsi apporté 75 milliards d'Euros (près de 818 milliards de DH) de liquidités au système bancaire de l'Euroland.
Les opérations de refinancement sont d'une importance relative pour la marche de l'économie au sens large et sont donc peu connues du grand public. Elles n'en sont pas moins d'une grande importance pour l'activité des banques et les crédits à l'économie.
Elles sont en outre un outil de réglage du mécanisme de la politique monétaire de la banque centrale, qui peut ainsi envoyer des signaux réguliers aux marchés, sans pour autant prendre des décisions importantes comme une modification de ses taux directeurs.
C'est à ce titre que la première opération de refinancement de la BCE suscite de nombreux commentaires, tous marqués d'une certaine prudence, puisqu'il ne s'agit que d'un premier pas sur un chemin qui devrait être long.
Des analystes rappellent ainsi la tâche principale de la BCE, à savoir évaluer la demande de liquidité à l'intérieur du système bancaire de la zone Euro, et de maintenir cette liquidité à un niveau qui assure le maintien des taux du marché monétaire autour de 3%. Ils ajoutent qu'elle est à cet égard en train d'évoluer «à talons».
La somme allouée par la BCE concerne donc une durée de 13 jours, elle porte sur le taux de 3%, fixé à l'avance le 22 décembre dernier. Quelque 994 banques ont participé à l'opération pour une demande totale de 482 milliards (5.254 milliards de DH), soit un pourcentage servi de 15,57%.

Compenser les obligations des banques


Les experts estiment cependant que la portée d'une telle opération ne peut pas être connue à l'immédiat, car étant la première du genre, il est difficile de se faire une idée du montant exact des opérations de refinancement venant à expiration le jour même dans les onze pays de la zone Euro, qui jusqu'à la fin de l'année dernière fonctionnaient séparément.
La BCE a expliqué, de son côté, qu'elle avait calculé qu'un montant d'environ 75 milliards d'Euros d'avances au système bancaire, allaient venir à expiration le 7 janvier, date à laquelle les crédits alloués par la BCE seraient versés aux banques concernées.
L'institution a également indiqué que cette allocation avait aussi pour but de compenser les obligations des banques en
matière de réserves. La BCE a en effet instauré un système de réserves obligatoires. Les banques sont désormais tenues de constituer des réserves minimum auprès de la Banque centrale à un taux faiblement rémunéré. La Banque a encore indiqué que sa décision prenait en compte certaines incertitudes qui subsistent dans la mise en place du système bancaire de la zone Euro.
Les opérateurs du marché monétaire européen ont accueilli cette première sortie de la BCE avec une froideur mêlée de désenchantement. «Au fond, personne n'a le sentiment que cette allocation était suffisante», a déclaré un intervenant du marché monétaire à Francfort.
Le cours de l'argent au jour le jour, dans la plupart des pays de l'Euroland, n'a pas réagi à l'opération de refinancement, et est resté autour ou en dessous de 3,25%, le taux maximum de la fourchette fixée par la BCE pour ses taux d'intervention jusqu'au
21 janvier. Au-delà de cette date, le plafond de cette plage devrait passer à 4,5%.

Wissal SEGRAOUI
(AFP)

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