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Céréales: Les nouvelles modalités d'importation en place

Par L'Economiste | Edition N°:312 Le 08/01/1998 | Partager

Le marché des céréales et légumineuses s'organise. L'ONICL vient de publier les modalités d'importation et d'exportation. Il faudra désormais une bonne surface financière et du professionnalisme pour importer.


LE marché des céréales est libre depuis près de deux ans. Cependant, il faudra désormais disposer de moyens financiers solides pour pouvoir évoluer dans les réseaux de commercialisation. C'est ce qui se dégage de la circulaire précisant les modalités d'importation et d'exportation des céréales que vient de publier l'ONICL (Office National Interprofessionnel des Céréales et Légumineuses).
Selon ce texte, les importateurs de céréales et légumineuses sont tenus de déposer auprès du service de l'ONICL relevant de leur siège social, 21 jours au moins avant le passage en douane de la marchandise, une déclaration initiale d'importation ainsi qu'une déclaration complémentaire d'importation à l'embarquement de la marchandise. Il dispose aussi que les importateurs sont tenus de déposer, simultanément à la déclaration initiale d'importation, une caution de bonne exécution auprès de l'ONICL. Celle-ci est fixée à «10 DH/q pour les blés tendre et dur et 5 DH/q pour le maïs, l'orge, les légumineuses et autres».
L'ONICL précise que les récépissés de dépôts desdits documents sont nécessaires pour le passage en douane. Si l'opération d'importation est réalisée, la caution est restituée à l'importateur. Elle est en revanche acquise à l'Office «si l'opération n'est pas exécutée dans un délai de vingt jours à compter de la date d'arrivée fixée dans la déclaration et sauf cas de force majeure dûment justifié». Il est à souligner que la caution de bonne exécution ne concerne que les importations libres.

Les petits opérateurs aux abois


Autre disposition importante: l'Office exige une déclaration pour les importations en admission temporaire et les dons.
Côté exportation, les personnes physiques ou morales qui envisagent de vendre à l'étranger sont simplement tenues de produire une déclaration. Etant donné que le pays est essentiellement acheteur, l'Office n'a pratiquement pas de souci à se faire sur ce volet. Les importations constituent sa principale préoccupation. Les objectifs visés à travers les nouvelles dispositions sont ainsi sans équivoque: assurer la régularité de l'approvisionnement en produits jugés stratégiques et étouffer les velléités de spéculation, étant entendu que les risques de perte définitive de la caution décourage toute défaillance programmée.
A ne pas en douter, ces mesures écartent théoriquement les importateurs occasionnels tentés par des profits juteux. D'ailleurs, dès l'annonce de la libéralisation du marché des céréales, de grandes sociétés importatrices n'avaient pas manqué de tirer la sonnette d'alarme sur les risques que peuvent provoquer les interventions intempestives de cette catégorie. Le texte n'arrange également pas les petits importateurs qui pouvaient jusqu'ici mener leurs opérations sans pression. Motif, au même titre que les occasionnels, «ils pourraient rencontrer des difficultés de trésorerie engendrées par le versement de la caution», explique un importateur.

Tous les opérateurs seront toutefois confrontés à un problème similaire: «Ils peuvent s'engager sur des importations sans être sûrs de rentrer dans leurs frais, d'autant que, sur un marché souvent sujet à de fortes fluctuations, il est parfois difficile de revoir ses positions compte tenu du délai de 21 jours requis entre le dépôt de la déclaration et le passage en douane», est-il expliqué. De toute manière, le temps où l'opérateur se contentait de répondre à un appel d'offres au meilleur prix et empocher sa marge (sauf pour la farine subventionnée actuellement) est maintenant bien révolu. Les nouvelles dispositions poussent ainsi vers beaucoup plus de professionnalisme. La concurrence aidant, les opérateurs sont amenés, non seulement à maîtriser les circuits commerciaux, mais aussi les produits financiers de couverture des changes.
Les contraintes financières devraient en outre inciter les utilisateurs (minotiers, semouliers et provendiers) à chercher à mieux contrôler leurs approvisionnements, notamment par la multiplication des centrales d'achat comme Graderco, Cerelex ou Somacéréales.

Alié Dior NDOUR



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