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Communauté marocaine en Belgique: Petites marges et magouilles

Par L'Economiste | Edition N°:417 Le 07/01/1999 | Partager

Finis les temps où les immigrés marocains se ruaient vers le commerce pour gagner leur vie. Les autorités belges ont instauré des conditions contraignantes pour l'exercice de toute activité commerciale. Mais ceci ne semble pas dissuader les fraudeurs.

Les résidents marocains en Belgique sont environ 138.000, dont 73.070 à Bruxelles. Ils constituent la plus grande communauté étrangère musulmane et arabe dans le "plat pays", en totalisant à eux seuls 15,42% des étrangers y résidant.
Installés en force en Belgique, ils sont en général des commerçants des produits de première nécessité. Cette activité continue à être le "refuge" de la plupart des membres de la première génération. Elle est perçue comme étant une activité facile, puisqu'elle ne nécessite pas de formation préalable. Or, entre-temps, les conditions d'exercice dans ce métier ont changé. Les autorités belges exigent depuis quelque temps des diplômes ou des attestations de formation avant d'accorder les autorisations d'exercer, une disposition qui n'a rien de discriminatoire, car elle concerne aussi bien les opérateurs locaux que les immigrés.
A en croire les commerçants, l'objectif réel de cette politique est d'obliger les personnes exerçant dans ce créneau à s'acquitter des impôts en réduisant le nombre d'analphabètes.
Outre la collecte des impôts, cette mesure est censée instaurer la transparence au niveau de la comptabilité des commerçants. Or, les comptes de la plupart d'entre-eux"comportent des failles à cause, notamment de l'inexistence de factures pour certaines opérations", s'accordent à dire quelques uns des commerçants marocains résidant en Belgique. Les méthodes de gestion utilisées par ces commerçants posent également problème. Pour vendre le plus possible, ils bradent leurs prix et laminent leurs marges. "Concurrence oblige", disent-ils. Par conséquent, les recettes générées ne leur permettent pas de couvrir toutes les charges. Or, pour les autorités belges, tous les commerçants sont censés réaliser une marge de 30% et donc contrôlés sur la base de cette tranche.
A cela s'ajoute la confusion entre les fonds de l'entreprise et ceux du dirigeant. Outre le commerce des produits de première nécessité, le secteur actuellement en vue par la communauté marocaine est celui du poisson. "Ce commerce rapporte beaucoup, mais les charges sont très élevées, car il nécessite une structure solide. Mais pour l'heure, la concurrence est limitée, notamment chez les grossistes, d'où la possibilité de réaliser une marge importante", expliquent des commerçants marocains.
La confection, elle, ne suscite plus autant d'intérêt qu'auparavant. Et pour cause, la concurrence asiatique ne laisse plus d'illusions aux opérateurs marocains. Les agences de voyages attirent également les Marocains résidant en Belgique. Mais ce domaine d'activité n'échappe pas à certaines "magouilles" de la part des intéressés. Bien que l'ouverture d'une agence de voyages soit conditionnée par l'obtention de diplôme en tourisme, bon nombre de personnes, non qualifiées, recourent à des pratiques frauduleuses pour atteindre leur objectif. "Ils recrutent une personne diplômée dans ce secteur et déposent leur demande pour ouvrir une agence de voyages. Le recruté est alors présenté en tant qu'associé et dirigeant de l'agence en question. Or souvent, ce dernier est licencié quelques temps après l'obtention de l'autorisation d'exercer", expliquent quelques directeurs d'agence de voyages.

Rafik IKRAM

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