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Congés plus courts, voyages plus fréquents

Par L'Economiste | Edition N°:417 Le 07/01/1999 | Partager

L'incidence de la crise financière asiatique et la diminution du temps alloué aux loisirs ont fait reculer les performances touristiques mondiales en 1998. Cependant, la reprise est attendue à partir de 2001.

«Le recul du temps libre menace le tourisme parce que pour beaucoup, la durée du travail augmente». C'est l'étonnant constat qui a été réalisé au termes d'une étude menée par le Conseil Professionnel de l'Organisation Mondiale du Tourisme (CPOMT). Le temps libre va en diminuant et c'est une tendance qui augmente dans le monde entier. L'incidence de cette diminution des loisirs sera d'accélérer la tendance à des congés plus courts et plus fréquents. Ainsi, les destinations touristiques rapidement accessibles dans le même fuseau horaire seront les plus favorisées par ces voyageurs, souligne l'OMT. Le Maroc, à moins de trois heures de la plupart des grandes villes européennes, a donc là des opportunités à saisir si sa capacité hôtelière s'élargit et son produit se diversifie.
Le directeur chargé de l'étude chez Howarth-UK(1), Colin Clark, estime que pendant ces dix dernières années, avec l'accroissement de la concurrence dans l'économie mondiale, la réduction de la semaine de travail s'est nettement ralentie. «On constate une plus grande flexibilité des horaires et une moindre sécurité de l'emploi et des retraites», fait-il observer.
L'étude révèle que ces tendances pourraient avoir partout dans le monde des répercussions considérables sur l'industrie touristique. Un fléchissement de la demande est certes peu probable, mais la tendance actuelle à des congés plus courts a des chances de s'amplifier. Mais il en faut plus pour ébranler une activité à fort potentiel de croissance.
Selon le dernier bulletin d'information, «le tourisme ne souffre pas autant que les opérateurs redoutaient les effets de la tourmente sur les marchés financiers et de l'incertitude économique dans le monde». Au niveau mondial, le tourisme a enregistré des résultats positifs avec une progression des arrivées se situant entre 1,5 et 2% contre 2,8% l'année précédente. «Les répercussions de la crise sont limitées hors Asie», explique M. Dawid de Villiers, secrétaire général-adjoint de l'OMT.

Rétablir la confiance


La crise touche surtout le tourisme intrarégional, par exemple en Asie ou il a reculé de 10% cette année. Mais cette baisse de la demande en provenance de l'Asie et de l'Est du Pacifique se fait tout de même sentir dans le reste du monde, juste au moment où l'Asie commençait à s'imposer comme grand marché émetteur. Selon le rapport de l'OMC, fin 1998, le déficit dans le monde entier est d'environ 7 à 8 millions de touristes, avec 2,5 à 3 millions de perdus pour l'Europe. Le manque de confiance des consommateurs est le principal obstacle à la reprise. «L'effet psychologique du passage d'une solide prospérité à un grave ralentissement de l'activité économique peut aussi être préjudiciable aux perspectives du tourisme que ses conséquences financières», affirme M. De Villiers. Pour rétablir la confiance, «les destinations pourraient d'une part, faire un effort de marketing et de promotion et, d'autre part, parler constamment de la destination aux professionnels du voyage et au public de touristes», recommande l'expert de l'OMT. Etant donné que les congés deviendront plus brefs et plus fréquents, les escapades sous forme de week-end prolongés bien remplis seront plus prisées. Les nouveaux consommateurs de voyage «riches en argent et pauvres en temps» offrent de nouvelles possibilités marketing. Cela devrait permettre d'améliorer les performances du secteur touristique. D'ailleurs, le rapport de l'OMT prévoit que dès 2001 et pendant les premières décennies du XXIème siècle, la croissance du tourisme devrait retrouver les taux d'avant la crise, supérieurs à 4% l'an.

Radia LAHLOU

(1) C'est le cabinet-conseil mandaté par le CPOMT.

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