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Détente sur le prix des oeufs

Par L'Economiste | Edition N°:312 Le 08/01/1998 | Partager

Le Ramadan réussit bien aux producteurs d'oeufs. C'est le mois où la demande connaît son pic. Cette année, les prix sont plus bas que ceux de l'année dernière à la même période.


L'hiver et Ramadan sont les périodes où la consommation d'oeufs atteint son niveau le plus haut. C'est d'ailleurs pendant le mois du jeûne que les producteurs d'oeufs réalisent la plus grande part de leur chiffre d'affaires. Mais cette tendance n'est pas propre à l'oeuf. Elle est partagée par tous les autres produits de consommation tels le concentré de tomate, les dattes et les légumineuses notamment.
A Casablanca, l'oeuf «roumi» est vendu entre 1 et 1,25 DH. L'oeuf «beldi» ou de l'élevage traditionnel coûte entre 1,30 et 1,50 DH. Il est moins cher en province.
Le prix de gros se situe actuellement à environ 85 centimes pour l'oeuf «roumi». Les prix sont légèrement plus bas que l'année dernière à la même période. Le prix de gros atteignait 1DH. Cette situation s'explique par le bon approvisionnement du marché. Il y a autosuffisance et c'est confirmé aussi bien par le Ministère de l'Agriculture que la Fédération Interprofessionnelle du Secteur Avicole (FISA). La production en 1997 est estimée à 2,1 milliards d'unités. Elle aura quintuplé par rapport à 1980 (666 millions d'unités). L'évolution de la production est constante depuis 1995. Elle a évolué de 1,8 milliard à 2 milliards d'unités en 1996.

Dans tous les cas, les prix constituent un vrai casse-tête pour les producteurs d'oeufs. Ils disent n'avoir aucune emprise sur le prix puisque la production reste peu élastique. Entre l'investissement et la production, il s'écoule cinq mois. Le prix reste le résultat du jeu de l'offre et de la demande et des spéculateurs qui stockent en attendant les moments de faible production. A signaler que le prix de l'oeuf est déterminé chaque matin au marché de gros de Casablanca et répercuté sur les autres villes.
Ce prix est légèrement supérieur au prix de revient. Celui-ci est déterminé après deux principales phases. La première concerne l'élevage de la poule pondeuse. Après cinq mois, la poule en principe «opérationnelle», commence alors la deuxième phase, celle de la production. Chaque étape nécessite des investissements appropriés. Au bout de la chaîne, un oeuf aura coûté entre 60 et 65 centimes. Ce prix peut même quintupler en cas de maladie. L'Association avec le Ministère ont d'ailleurs conçu une charte sanitaire. Celle-ci est déposée au Secrétariat Général du Gouvernement. Cette charte réglemente entre autres l'implantation des élevages.

Autre composante du prix de revient, les matières premières composant l'aliment. Importées, leur prix dépend donc des fluctuations des cours sur les marchés internationaux. Les producteurs se plaignent aussi des droits de douane qui ne tiendraient pas compte de leur qualité d'agriculteurs. «Nous sommes considérés à tort comme des industriels», insistent les producteurs d'oeufs et de produits avicoles. Rappelons que les fabricants d'aliments composés sont arrivés cette année à un arrangement avec le Ministère de l'Agriculture. Ils se sont engagés à acheter la production totale de maïs contre la baisse de droits de douane sur l'importation de cette matière(1). Mais cet engagement est encore au stade de promesse, selon la FISA.

Malika El JOUHARI



(1) Cf L'Economiste du 14 août.

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