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Formation: Deux unités pour une spécialité

Par L'Economiste | Edition N°:312 Le 08/01/1998 | Partager

En 1992, une première unité chargée de la formation en médecine du travail a été lancée à Casablanca. Trois ans après, c'était le tour de la Faculté de Médecine de Rabat. Avec des cours théoriques et des stages pratiques, l'objectif de cette formation est d'offrir une spécialité à part entière.


"La médecine du travail est devenue aujourd'hui une spécialité à part entière. Ne peut se déclarer être médecin du travail qui veut et se lancer dans l'exercice du métier", déclare le Dr Abdeljalil El Kholti, maître-assistant à l'Unité Médecine du Travail à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Casablanca.
Pourtant, nombreux sont les médecins n'ayant pas cette qualification et continuent à exercer normalement cette spécialité. Ils sont quelque 700 médecins généralistes ou même des spécialistes dans d'autres disciplines à bénéficier de conventions avec des entreprises dans le cadre de la médecine du travail.
Ceux qui disposent d'une qualification adéquate ne font pas légion. Selon le Dr El Kholti, cette qualification ne doit être accordée qu'après quelques années de formation à temps plein en la matière. Laquelle formation doit être sanctionnée par un diplôme de spécialité.

Beaucoup de médecins généralistes avaient suivi quelques séminaires pour commencer à exercer le métier. Ils opèrent au même titre que les spécialistes ayant effectué plusieurs années d'études accompagnées de stages de perfectionnement. A l'Unité chargée de cette discipline à la Faculté on estime que le nombre de spécialistes en médecine du travail est aux environs de cent trente, la plupart sont diplômés de l'étranger.
C'est depuis 1992 que la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Casablanca a lancé cette spécialité, à l'initiative de formateurs et d'encadrants marocains. La durée des études a été fixée à trois années. Pour accéder à cette spécialité, il faut réussir, à l'instar des autres spécialités, au concours du résidanat. En 1995, la même formation a été lancée à la Faculté de Médecine de Rabat.

Médecin et inspecteur


Les étudiants poursuivent deux cours de formation théorique par semaine répartis en deux demi-journées. Ils assistent également à des séances de bibliographie pour avoir des références sur la discipline. En parallèle, les médecins doivent effectuer plusieurs stages de perfectionnement dans différents services de l'hôpital ainsi que dans des services médicaux au sein des entreprises. Actuellement, l'unité chargée de cette formation à la Faculté a signé une dizaine de conventions de stages avec les entreprises.
A la fin de leur première année, les étudiants doivent réussir "un examen de passage" composé de deux épreuves écrites et une épreuve orale. Cet examen conditionne leur passage en deuxième année, au terme de laquelle, ils auront un "examen de contrôle de connaissances" (deux épreuves écrites et une épreuve orale). Le même mode d'évaluation est valable également en troisième et dernière année.
A la fin du cursus global figure "l'examen final". Les futurs lauréats sont évalués sur le contenu de formation des trois années d'étude. En outre, ils sont jugés sur leur assiduité, l'appréciation aux différents stages, les participations aux réunions scientifiques... (une dizaine de critères au total). Une soutenance de mémoire est également à leur charge.

Le volume global de la formation théorique durant la spécialité est de plus de 550 heures. Déjà, dans le cadre de leur formation de base (tronc commun de médecine générale), les futurs médecins reçoivent une initiation en médecine du travail pour une trentaine d'heures en 5ème année universitaire.
Par ailleurs, pour le Dr El Kholti, il y a lieu de distinguer entre médecin du travail, inspecteur du travail et médecin inspecteur du travail. Le point commun de ces trois fonctions réside dans le fait qu'ils touchent au même terrain, à savoir l'espace de l'entreprise. Toutefois, les rôles diffèrent d'un cas à l'autre.
Le médecin du travail est en fait un spécialiste qualifié. Il a pour mission de promouvoir la santé au travail en s'accentuant sur l'aspect préventif.

L'inspecteur du travail, quant à lui, peut être juriste de formation ou technicien dans un domaine particulier. Il est rattaché au service du Ministère de l'Emploi. Sa fonction est régie par les textes datant de 1947 qui lui garantissent un certain nombre de prérogatives.
De son côté, le médecin inspecteur du travail est lui aussi fonctionnaire du Ministère de l'Emploi. Son rôle est d'apporter l'assistance nécessaire à l'inspecteur du travail en cas de besoin. Il a aussi pour tâche de participer au contrôle des services médicaux au travail et d'intervenir en cas de conflit à caractère médical.
En principe, le recrutement d'un médecin inspecteur du travail doit être basé sur sa formation (diplôme de spécialité en la matière), ainsi que sur quelques années d'expérience. En France par exemple, outre sa qualification, un médecin inspecteur du travail doit justifier d'au moins 10 à 12 ans d'expérience.

Hicham RAÏQ



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