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L'activité reprend dans l'industrie du papier

Par L'Economiste | Edition N°:651 Le 02/12/1999 | Partager

· La concurrence déloyale pénalise les opérateurs du secteur

· Le prix du papier a connu une augmentation de l'ordre de 10 à 15%


La concurrence du secteur informel sur le marché du scolaire constitue l'un des grands maux du secteur du papier. "A lui seul, le secteur informel représente entre 30 et 50% de l'activité et tire vers le bas les prix et la gamme de produits", indique un responsable de Papelera de Tetuan. La qualité des produits commercialisés par le secteur informel est jugée non conforme aux normes. "il s'agit surtout de produits importés sous forme de lots invendus en Europe et qui sont écoulés sur le marché local à des prix dumping", précise un opérateur de la place. A côté du secteur informel, le secteur connaît une autre concurrence pratiquée cette fois par des opérateurs qui bénéficient d'offres spot des Européens. "Cette pratique du spot empêche les prix locaux de s'aligner sur ceux en vigueur au niveau international puisqu'elle favorise le dumping", souligne M. Abdeljebbar El Hajjouji, directeur général de CMCP. Outre la concurrence déloyale, certains opérateurs estiment que "le coût du fret est pénalisant. Surtout que la majorité de la matière première est importée".

Décalage de deux mois


L'industrie du papier connaît une certaine reprise. Les prix, qui sont régis par les cours mondiaux, sont en augmentation. Ils sont passés de près de 370 à 600 Dollars pour la pâte à papier par exemple. Celle-ci intervient à près de 70% dans le processus de fabrication du papier. Cette hausse de la matière première a été répercutée au niveau local. En effet, à partir du mois d'octobre, les prix du papier ont connu une certaine hausse. "Cette augmentation est de l'ordre de 10 à 15% par rapport aux prix pratiqués au premier semestre 1999", précise un opérateur de la place. La répercussion des prix sur le marché local se fait avec un décalage de près de deux mois. La raison de ce décalage est attribuée à la politique de stockage et au fait que la pâte à papier est libellée en Dollars et le papier en Dirhams.
En réalité, l'industrie du papier est reconnue pour sa cyclicité. Elle se caractérise notamment par l'alternance de périodes de haute activité et de récession, par les cycles conjoncturels et la variation des prix. Pour l'heure, "les ventes de ce marché jugé étroit se situent entre 100.000 et 120.000 tonnes par an seulement", estime M. El Hajjouji.
Le marché du papier comporte deux branches. Le papier impression et écriture et le papier d'emballage. La première branche regroupe le papier offset et le non-offset ainsi que le papier journal et le papier couché. Quant à la seconde branche, elle est ventilée en deux créneaux: le papier emballage, et les sacs et caisses.


Consommation de 8,5 kg par habitant


L'industrie du papier représente 2,5% de l'industrie mondiale. La ventilation de la consommation du papier par pays laisse apparaître une nette prédominance des Etats-Unis. Ainsi, chaque américain consomme 300 kg par an. La France et l'Espagne consomment respectivement 140 et 90 kg par an et par habitant. La moyenne européenne est de 200 kg par habitant. Cette moyenne ne dépasse pas 20 kg/an et par habitant en Afrique. Au Maroc, elle est de 8,5 kg par habitant, alors qu'elle avoisine 11 kg en Algérie, 12 en Tunisie et 45 pour l'Arabie Saoudite. Selon Papelera de Tetuan, le facteur déterminant, à long terme, de la consommation de papier est le taux de croissance de la population et son degré d'instruction. En revanche, à court terme, une influence sensible sur le marché du papier est exercée par le rythme de l'activité locale et internationale.

Khadija MASMOUDI

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