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Mais où est donc passé Accor?

Par L'Economiste | Edition N°:312 Le 08/01/1998 | Partager

Le groupe hôtelier français cultive jusqu'à l'extrême le secret sur son programme de développement au Maroc. S'il convoite plusieurs unités dans l'hôtellerie marocaine, la seule opération concrétisée à ce jour est le rachat des hôtels Moussafir. Dernier rebondissement, Accor aurait pris provisoirement en gestion le complexe du Palais des Congrès de Marrakech.


Les hypothèses sur les projets du groupe hôtelier au Maroc foisonnent, mais l'opacité qui entoure les tractations de la multinationale avec les opérateurs et les pouvoirs publics continue à alimenter ces conjectures. Pas une semaine ne passe sans que l'on n'annonce la reprise en gestion ou l'acquisition de nouvelles unités hôtelières par le groupe français. On lui prête tout et rien à la fois. Le Palais Jamaï et le Sheraton à Fès, la construction d'un ensemble hôtelier de 800 millions de DH à Casablanca, la reprise de l'Impérial Borj à Marrakech, et la liste n'est pas finie. «A ce rythme, toute l'hôtellerie marocaine passera sous le contrôle d'Accor», commente un hôtelier d'un air un peu agacé. Sur le site Internet, pas un seul mot sur les projets d'Accor au Maroc.
De bonnes sources, il est indiqué qu'Accor vient de prendre provisoirement la gestion du complexe du Palais des Congrès de Marrakech (l'hôtel Mansour Eddhabi et le Palais des Congrès) dont la chaîne Dounia-Hôtels est propriétaire. Le CIH (Crédit Immobilier et Hôtelier), qui avait tout récemment haussé le ton envers les grands débiteurs, aurait pris les murs de ce complexe. En tout cas, la procédure de mise en possession engagée à l'égard de Dounia-Hôtels devenait exécutoire à partir du 25 décembre dernier, ultime délai accordé à la chaîne pour honorer ses engagements financiers. En attendant de trancher sur la question de l'endettement de Dounia-Hôtels vis-à-vis du CIH, les pouvoirs publics ont confié momentanément au groupe Accor la gestion du complexe du Palais des Congrès pour une période de trois mois, le temps qu'ils s'accordent pour trouver une formule de compromis sur l'épineuse question de l'endettement de Dounia-Hôtels.

Contacté, le groupe Accor s'est refusé à commenter le développement de ses projets au Maroc. Un de ses responsables qui pilote le programme au Maroc, M. Fouad Chraïbi, s'est contenté de dire qu«'il n'avait pas de commentaire à faire».
Si ce sont autant des points qu'elle marque, la multinationale française est loin d'avoir gagné la partie. Sur le complexe du Palais des Congrès, elle est en concurrence frontale avec l'Américain Westin. Les dirigeants de la chaîne américaine étaient là le mardi 6 janvier.
Sur la quarantaine de projets que la chaîne Accor avait annoncés au Maroc, une seule opération a été concrétisée à ce jour. Il s'agit de l'acquisition de la chaîne Moussafir, ancienne propriété de l'ONCF qui sera bientôt rebaptisée Ibis, du nom des hôtels de la gamme économique du groupe hôtelier français. A son arrivée en grande pompe à l'automne 1997, Accor avait pourtant promis qu'il entendait atteindre la taille critique dès l'année 1997, soit à peu près 2.500 chambres. L'entourage du président d'alors, M. Gérard Pelisson, avait annoncé la conclusion des premiers contrats en décembre 1997. Il n'avait sans doute pas intégré la résistance des hôteliers nationaux.
La seule certitude aujourd'hui est l'imminence d'un accord avec la chaîne Salam-Hôtels. Pour l'instant, il est suspendu aux négociations avec les Finances concernant le traitement du passif de la chaîne marocaine vis-à-vis du CIH. Les dirigeants de Salam-Hôtels ont confirmé que les discussions entre les deux parties étaient arrivées «à un stade avancé».


Chiffre d'affaires en hausse de 11,5%


Au cours des neuf premiers mois de 1997, le chiffre d'affaires consolidé du groupe Accor s'élève à 23,6 milliards de FF (1Franc français=1,61 DH) contre 21,1 milliards un an plus tôt, soit une progression de 11,5%. C'est dans son métier de base que la multinationale enregistre la plus forte hausse de son chiffre d'affaires, 13,876 milliards de FF contre 11.879 en 1996, soit une variation de 16,8%. L'activité «agences de voyages» reste relativement stable (2,995 milliards de Francs en 1997 contre 2,997 milliards en 1996). Mais la comparabilité des données est biaisée du fait de la fusion intervenue en janvier de l'année dernière dans la distribution de voyages, indique un communiqué du groupe.

Abashi SHAMAMBA

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