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Médecin du travail cherche travail

Par L'Economiste | Edition N°:312 Le 08/01/1998 | Partager

La première promotion des spécialistes en médecine du travail(1) regroupe 10 lauréats. Ces derniers (diplômés depuis 18 mois) sont tous sous contrat et donc affectés dans les différentes structures du Ministère de la Santé Publique. D'ailleurs, deux lauréats ont été affectés au Service Santé au Travail du CHU Ibn Rochd. Actuellement, ils exercent provisoirement dans des locaux impraticables, en attendant la construction d'un service au vrai sens du terme.
Parallèlement à cela, ces deux médecins continuent de participer aux actions et manifestations initiées par l'Unité Médecine du Travail au sein de la Faculté. De même, ils assistent leurs collègues en cours de formation au niveau des travaux liés aux études.
Pour sa part, la deuxième promotion des médecins spécialistes en la matière est sortie, il y a quelques semaines. Cette promotion regroupe huit médecins dont à peine deux sont sous contrat. Les six autres sont à la recherche d'un emploi. Le secteur privé reste la seule alternative en l'absence de postes à pourvoir dans le secteur public. Cependant, les entreprises ne font pas toujours appel à des médecins diplômés dans le domaine. Il n'existe pas d'obligation de recruter des spécialistes en médecine du travail tant que leur nombre est insuffisant. Résultat: les médecins (généralistes ou titulaires d'autres spécialités) trouvent encore dans la médecine du travail un terrain à défricher.

Par ailleurs, il reste à sensibiliser les patrons au rôle que peut jouer la médecine du travail pour la rentabilité de leurs entreprises. "Ce rôle doit être assumé par des spécialistes pour garantir justement la rentabilité", indique le Dr Houria Touab, lauréate de la première promotion. En effet, un médecin du travail par exemple veille sur l'organisation du travail de façon à éviter les accidents et accroître le rendement des travailleurs. Ceci se traduit également par un faible taux d'absentéisme.
En réalité, la notion que font la majorité des chefs d'entreprises de la médecine du travail demeure très ambiguë. "Peu importe la qualification. Si l"on peut avoir le médecin le plus docile et le plus complaisant, c'est bien", décrit le Dr Hassan Ennaji la situation actuelle des entreprises.
Même les salariés peuvent refuser un médecin du travail "non serviable". Autrement dit, pour maintenir son poste au sein de l'entreprise, un médecin doit accepter de soigner les "bobos" et donner des prescriptions médicales à gauche et à droite au profit des employés. Ceci ne relève pas en principe de son champ d'application.
Les syndicats peuvent aussi jouer un rôle dans la promotion de la médecine du travail en tant que spécialité, car c'est aussi l'intérêt des salariés.

(1 )Formés à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Casablanca.


Via Internet


Depuis septembre 1997, un programme international en médecine du travail a été lancé via Internet. "C"est une première au monde", se réjouit le Dr El Kholti. Il s'agit d'un réseau composé de cinq universités africaines (Maroc, Sénégal, Guinée, Côte-d'Ivoire et Bénin) et d'une université canadienne (McGill). Ce réseau a mis en place un programme francophone de formation à la recherche en santé de travail. Les cours sont dispensés à travers Internet. Ainsi, chaque étudiant, tout en restant dans son pays, peut bénéficier de la formation. L'objectif est de veiller sur l'adaptation des programmes aux réalités de chaque pays tout en en créant un tronc commun de formation. A la fin du cursus se déroulant sur trois années ans, les étudiants concernés obtiendront des diplômes délivrés par l'université canadienne. Cette méthode a pour avantage de former des professionnels de santé au travail de haut niveau sans pour autant les désimplanter de leur environnement socioculturel. "Le but recherché est surtout de mettre en commun les ressources et les compétences afin d'offrir une formation de valeur à l'heure où l'université virtuelle gagne du terrain", conclût Dr El Kholti.

Hicham RAÏQ

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