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OMC: Le Maroc s'accroche au traitement spécial et différencié

Par L'Economiste | Edition N°:651 Le 02/12/1999 | Partager

· Il est encore trop tôt pour se prononcer sur l'issue de Seattle

· Le Maroc est défavorable à l'adoption immédiate de la libéralisation tarifaire accélérée


"Le Maroc estime qu'il est nécessaire de redéfinir la notion de traitement spécial et différencié (TSD)". Cette déclaration d'un diplomate marocain avant son départ pour la conférence de l'OMC à Seattle résume à elle seule la position marocaine dans les négociations commerciales qui ont démarré hier.
Le Maroc, actuellement président du G77, entend par la redéfinition du TSD disposer d'une plus grande marge de manoeuvre avant l'entrée en vigueur des accords. L'enjeu est important, car il s'agit d'éviter sa marginalisation ainsi que celle des PVD dans le commerce mondial. Le cas des accords sur les droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) est éloquent à ce niveau. "Il faut étudier au cas par cas la situation des PVD qui ne semblent pas en mesure d'appliquer l'ADPIC à partir du 1er janvier 2000", est-il indiqué auprès de la délégation marocaine participante à l'OMC. Mais cette dernière ajoute que le Maroc serait flexible sur la question de la prorogation du délai de transition accordé aux PVD.

Produits horticoles


La notion de traitement spécial et différencié prend aussi toute son ampleur pour la délégation marocaine dans l'épineux dossier agricole. Avec une population rurale de 50% et un appareil de production peu compétitif à l'échelle internationale, le Maroc demande une période de transition de cinq ans à partir de l'entrée en vigueur des accords, non encore conclus. En revanche, il milite pour une réduction des subventions à l'exportation. Sur ce registre particulièrement, la position marocaine est délicate, car elle est déterminée, du moins en partie, par les traditionnelles relations avec l'Union Européenne et la France notamment. Celle-ci étant le pays qui subventionne le plus son agriculture. Dans ce jeu à géométrie variable, des observateurs avancent que ces négociations ressembleront vraisemblablement à la citation arabe: "moi et mon frère contre mon cousin, et moi et mon cousin contre l'ennemi". A l'instar d'une grande partie des pays du Sud, le Maroc, se sentant "floué" par les dernières mesures de libéralisation, n'est pas tellement chaud à s'engager dans de nouvelles concessions. Et l'une de ses préoccupations aujourd'hui est d'inclure dans les négociations les produits horticoles (frais et transformés), véritable cheval de bataille pour les exportations agricoles marocaines. Ainsi, dans cette rixe à multiples facettes, les conflits risquent de surgir de là où ils sont le moins attendus: les PVD. Ces derniers ne se contentant plus de la compassion des grandes puissances à leurs malheurs espèrent les voir rapidement passer à l'acte. La règle de consensus aidant, ils comptent en effet rivaliser d'ingéniosité pour ne pas se laisser au banc de la marche déjà bien avancée de la mondialisation. Mais si les Etats occidentaux doivent lâcher quelque chose, ce sera du "donnant donnant". Cela est d'autant plus vrai qu'un seul membre du G7 peut être plus puissant que tous les membres du G77 réunis.
Mais, pour l'heure, il est impossible de prévoir l'issue de Seattle d'autant plus que les commissions permanentes de l'OMC n'ont pas fixé l'agenda des discussions et ce, même à la veille de la conférence.


Les attentes immédiates de la délégation marocaine


Coopération technique, réexamen du mémorandum d'accord sur le règlement des différends, un meilleur accès aux marchés pour les PVD. Telles sont les dossiers que le Maroc souhaite inclure immédiatement dans les négociations. En revanche, la délégation marocaine est défavorable à l'adoption immédiate des décisions portant sur la transparence des marchés publics, la libéralisation tarifaire accélérée et l'accord sur les technologies de l'information.

Hassan BOUCHACHIA

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