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Partout du chômage de longue durée

Par L'Economiste | Edition N°:417 Le 07/01/1999 | Partager

Les conséquences sociales du chômage de longue durée et des jeunes risquent d'être désastreuses, selon le dernier rapport de l'OIT (Organisation Internationale du Travail). Même en cas d'embellie, ils ont peu de chances de trouver du travail.

QU'en est-il des retombées sociales du chômage? Le tableau brossé par l'OIT n'est pas gai, surtout pour les jeunes. Ainsi, 20% des jeunes sont au chômage dans les pays de l'OCDE et 30% (en zone urbaine) dans les pays en développement d'Afrique, d'Amérique latine et d'Asie. Ces jeunes, souligne le rapport de l'OIT, risquent de sombrer notamment dans la toxicomanie.
D'autres répercussions sont également à craindre tels que l'augmentation de la criminalité, les actes de vandalisme, les troubles et les conflits sociaux. Le chômage des jeunes s'explique par l'effort d'adaptation des employeurs à la récession qui se traduit par «la réduction de l'embauche de nouveaux travailleurs», est-il indiqué.
Ce sont les chômeurs de longue durée qui restent les plus vulnérables, ceci en raison de la difficulté inhérente à leur insertion dans la vie active. Cette difficulté s'accroît au fur et à mesure que le chômage se prolonge. Ils perdent la qualification qu'ils avaient acquise et les employeurs les dénigrent. «Ces derniers n'ont guère de chance de pouvoir retrouver un emploi, même en cas d'embellie du climat macro-économique.Et les conséquences sociales de cette situation sont désastreuses», souligne l'OIT. Dans cette catégorie, les personnes âgées et les femmes sont les plus touchées.
Par ailleurs, deux «tendances opposées» ont caractérisé ces dernières années. D'une part, l'augmentation et la féminisation des emplois faiblement rémunérés du secteur tertiaire. Et d'autre part, l'accroissement du nombre de femmes occupant des emplois de haut niveau dû à leur niveau d'instruction. Toutefois, en raison des problèmes liés à la ségrégation professionnelle, les femmes cherchent de plus en plus à créer leur propre entreprise. Ainsi, «près de 10% des nouvelles entreprises ont été créées par des femmes en Afrique du Nord, 40% dans l'ex-Allemagne de l'Est et plus de 60% aux Etats-Unis», est-il indiqué.

500 millions de personnes


Un autre phénomène retient également l'attention. Il s'agit du secteur informel qui crée de plus en plus d'emplois dans les pays en développement. Le rapport souligne que ce secteur «fait travailler 500 millions de personnes» dans des conditions médiocres et faiblement rémunérées.
Les mesures préconisées par l'OIT pour l'emploi:

· Chômage des jeunes: La mise en place de programmes permettant de venir en aide aux jeunes à l'exemple de l'Amérique latine et de l'Asie. Il s'agit de permettre aux jeunes d'effectuer de brèves expériences dans les entreprises. Il faut par la suite augmenter leurs opportunités d'emploi dans les économies où la demande est plus grande pour le travail faiblement qualifié ou semi-qualifié et où la croissance économique est relativement forte. A cela s'ajoutent des mesures d'incitation financière à l'embauche et à la formation des jeunes à l'exemple des pays de l'Union Européenne.

· Chômage de longue durée: L'OIT met l'accent sur la combinaison de plusieurs mesures, à savoir l'association de programmes de subvention de l'emploi, d'aide à la recherche d'emplois, des cours de rattrapage, de la formation ainsi que les conseils pour régler les problèmes familiaux et sociaux.

· L'emploi dans le secteur informel: En raison du nombre d'emplois que ce secteur crée, l'OIT estime qu'il est nécessaire d'améliorer les revenus, la productivité ainsi que les conditions de travail dans ce secteur. Au niveau de ce secteur, la formation reste importante à côté de la mise en place d'un appui institutionnel et de possibilités de crédits à des taux abordables.

Khadija MASMOUDI

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