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Planificateurs: Les Nostradamus des grands investissements

Par L'Economiste | Edition N°:312 Le 08/01/1998 | Partager

Souvent dans l'ombre, les planificateurs font un véritable travail de fourmis pour les plus grands projets. Ils jouent un rôle stratégique dans les offices et les administrations. Ils sont au front. Ils ont la lourde tâche de trancher dans les programmes d'investissements.


DE combien d'électricité aurons-nous besoin en 2010? A combien s'élèveront nos besoins en eau en 2005? Combien serons-nous en 2002? C'est à ce type de questions que s'emploient à répondre les planificateurs. Ils se trouvent dans les grands offices de service publics, au niveau de l'AdministrationCe sont en général des ingénieurs ou des économistes.
Leurs méthodes se ressemblent ou du moins sont très proches. Compte tenu de l'importance de la fonction, une Direction de la Planification à la tête de laquelle se trouve My Ahmed Ibrahimi existe au niveau du Ministère de la Population. Bien que très discrète, cette Direction joue un rôle primordial tant auprès des offices et des bureaux d'études privés et publics que de l'Administration elle-même. Les données émises par cette Direction de la Planification servent de base au travail pour les responsables des directions planification des offices et des administrations.
L'Economiste a rencontré des responsables de cette Direction à l'Office National d'Electricité et l'Office National de l'Eau Potable. Travaillant souvent dans l'ombre, leur fonction est stratégique. Ce sont eux qui sont à l'origine des programmes d'investissements. Même si les méthodes semblent aléatoires à première vue, c'est avec une précision mathématique que les différents scénarios sont établis. «Les investissements sont prévus aujourd'hui pour que demain ils répondent aux besoins», explique M. Ahmed Hajji, responsable de la Direction Planification à l'ONEP.

A l'ONE, c'est Mlle Amina Amrani, jeune ingénieur qui coiffe cette Direction depuis près de deux ans. Très cartésienne, elle la dirige avec une main de fer. Au-delà des discussions qui permettent d'aboutir à un consensus, elle doit quelquefois trancher. Elle est consciente de l'importance de sa fonction. Avec un sourire plein d'assurance elle signale que les investissements sont si coûteux dans le secteur de l'électricité qu'il faut absolument être sûr que l'on en est besoin avant de les planifier. «Cette Direction est un véritable outil d'arbitrage dans les choix d'investissement au moindre coût», indique pour sa part M. Zine Abidine Kettani, chef de la Division Planification de l'ONE. Outre M. Kettani, Mlle Amrani est assistée dans son service par deux autres responsables. Chacun a en charge une tâche précise, les investissements, la production et les transports, les investissements étant interdépendants.
L'équipe constituée d'une vingtaine de personnes est soudées. Le travail est rythmé à l'unisson. Chacun représentant le maillon d'une chaîne, formant une boucle fermée.
«Je suis un bourreau du travail», affirme M. Kettani, le plus ancien de l'équipe. C'est lui qui a mis en place ce service en 1968.
Le service de base de cette Direction est celui de la «prospective». Il est assurée par M. Mohamed Fadili. Il s'agit en quelque sorte du «Monsieur soleil» de cette Direction, sauf que les méthodes employées par ce dernier sont plus scientifiques. Il étudie l'évolution de la demande dans le passé pour ensuite effectuer les prévisions. Pour cela, les ingrédients nécessaires à sa petite cuisine sont nombreux. C'est à un véritable travail de fourmis qu'il se livre. Il s'agit pour lui d'analyser les différents scénario macro-économiques. Il doit quasi anticiper l'évolution de la croissance. C'est cela qui va conditionner en partie la demande. Il lui faut répondre à l'équation de «combien d'électricité avons-nous besoin pour un tel niveau de croissance».

A l'ONEP, les méthodes de travail sont similaires. Planifier la demande à moyen et long termes pour programmer immédiatement les investissements. Même souci, «ne pas surinvestir et ne pas sous-investir», explique M. Hajji. Il est assisté dans ce travail par Mme Loubna El Jirari, ingénieur d'études, la «madame soleil» de l'ONEP.
A la différence de l'électricité, l'eau est stockable. Mais les besoins sont tellement variables. Ils dépendent des périodes de l'année, des heures de la journée, et des différentes régions.
«L'expérience a son importance à ce niveau», indique-t-elle.
«Savoir pourquoi, par exemple, la consommation d'eau à Agadir n'évolue pas proportionnellement au nombre d'habitants. A quel moment, il faut lancer une enquête sur le terrain...», conclue-t-elle.

Fatima MOSSADEQ

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