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Qu'en est-il des deuxième et troisième générations?

Par L'Economiste | Edition N°:417 Le 07/01/1999 | Partager

La deuxième génération des immigrés en Belgique adopte une position différente de celle de leurs parents. A l'intérieur même de cette génération, les comportements varient. Tandis que les uns ont pu percer dans les métiers intellectuels, d'autres ont succombé aux fléaux de la vie européenne.

Si la première génération des immigrés en Belgique se focalise sur le commerce des produits de première nécessité, la deuxième génération, elle, a grimpé les échelons vers les métiers intellectuels.
En effet, ils sont médecins, pharmaciens, banquiers...
Cette génération des immigrés a donc transgressé à la règle. Mais ce n'est pas pour autant qu'elle ne rencontre pas de difficultés qui s'opposent à son épanouissement.
Les crédits bancaires viennent en tête. "Il est souvent difficile de fournir les garanties exigées par les banques. Mais ceci est également valable pour les Belges", est-il indiqué.
De plus, de nombreuses entreprises marocaines font faillite. "Elles sont près de 6.000 sociétés à faire faillite chaque année. Ce nombre est en croissance continue", souligne M. Khalid Benesrighe de la filiale de Wafabank à Bruxelles. Cette situation a donc pour effet de pousser les banques à redoubler de méfiance. D'autant plus que la législation belge "surprotège" les emprunteurs. Les institutions bancaires ont donc intérêt à prendre leurs précautions dès le départ.
Autre difficulté: les Marocains ont en général du mal à rivaliser avec les Belges au niveau de certains métiers et ce, en dépit de l'importance de la communauté marocaine.

Absence de repères


Mais si quelques immigrés de la deuxième génération ont pu franchir le pas vers des métiers qui requièrent une formation universitaire, d'autres sont restés au niveau de leurs parents, voire en dessous. Ils n'ont tout simplement pas réussi leur intégration. En effet, plusieurs immigrés n'ont pas terminé leurs études. "L'absence de repères et l'attitude des parents, dont le principal souci est la collecte de l'argent, y sont pour beaucoup", expliquent des immigrés marocains.
De plus, ces jeunes n'acceptent pas de travailler dans les mêmes conditions que leurs parents. Les métiers manuels sont perçus comme étant des emplois dégradants. Ils finissent donc par rejoindre le clan des chômeurs, constitué en grande partie des immigrés.
La troisième génération, quant à elle, est encore plus déchirée que la deuxième. "Il est difficile pour ces jeunes de concilier entre deux civilisations parfois antagonistes", déplorent des immigrés. Et d'ajouter que toues les conditions sont favorables pour les transformer en délinquants. Pourtant, et vu l'importance de la communauté marocaine, ils ne devraient pas se sentir dépaysés. D'ailleurs, les indices de la civilisation marocaine ressortent dans plusieurs coins de la capitale belge.


Premier comité exécutif pour les Musulmans


Last but not least. Un comité exécutif a été élu, le 13 décembre dernier, pour se prononcer sur la gestion du temporel du culte musulman. Ce conseil, de 17 membres est désormais l'interlocuteur de l'Etat pour toutes les questions ayant trait à la religion musulmane. Notons que cette opération constitue une première en soi en Europe. Ce Conseil permet ainsi aux Musulmans de désigner, eux-mêmes, des professeurs d'Islam dans les écoles où le nombre d'élèves de cette confession l'autorise. De plus, ils ont le droit d'obtenir un temps de diffusion sur les ondes de la radio et de la télévision. En outre, les religieux musulmans peuvent visiter les malades d'hôpitaux et les prisonniers. Tout ceci sera subventionné. Notons que l'Etat belge consacre quelque 15 milliards de FB (plus de 4 milliards de DH) aux différents cultes. A préciser que jusqu'ici les Musulmans ne jouissaient pas des mêmes droits que les catholiques, protestants, orthodoxes et juifs et ce, bien que l'Islam soit la deuxième religion du pays.
Les Marocains se taillent la part du lion en termes de sièges au niveau de ce comité: 7 sièges contre 4 pour les Turcs, 3 pour les Belges convertis et 3 pour les autres nationalités.

Rafik IKRAM

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