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Revisiter l'art berbère

Par L'Economiste | Edition N°:1193 Le 25/01/2002 | Partager

. La BMCI poursuit sa politique de parrainage culturel en soutenant la publication du livre «Art et architectures berbères du Maroc« de Salima Naji En voilà un bel ouvrage (au propre comme au figuré) qui redonne ses lettres de noblesse à l'art berbère. Ce qui fut jusque-là considéré comme des oeuvres sporadiques sans vraie valeur artistique, reconquiert sa vraie valeur patrimoniale grâce à Salima Naji, auteur du livre «Art et architectures berbères du Maroc«, réalisé en partenariat avec Eddif Maroc. Un vrai travail anthropologique préside à l'élaboration de cette recherche qui vise à corriger la perception vis-à-vis de l'art berbère qui, selon l'auteur, «est l'un des représentants d'une culture réduite tendant à disparaître, mais qui est à rattacher à la grande famille de la berbérité«. Car toujours selon l'auteur: «Les arts berbères sont généralement dépréciés dans les études qui révèlent souvent deux types d'attitude: soit un dénigrement de ce que l'on se refuse d'accepter comme artistique, soit, devant la beauté des pièces, une comparaison avec l'art occidental abstrait«. C'est donc la volonté de créer un ouvrage de référence qui a animé Salima Naji et motivé sa démarche. «Art et architectures berbères du Maroc« est un catalogue orné de belles photos d'oeuvres architecturales construites à l'aide de matériaux très simples (pisé et briques crues). Elles sont, en revanche, d'une rare beauté. Des portes soigneusement décorées, des bijoux et des tapis d'une grande finesse rendent compte de l'importance qu'accordent les berbères du Maroc subatlassique présaharien au côté esthétique des objets qu'ils confectionnent. . Regain d'intérêtConsidéré par certains écrivains de l'ère coloniale comme rudimentaire, primitif, voire arriéré, l'art berbère a toujours été victime de comparaisons réductrices qui prenaient comme référence soit l'art africain, soit islamique urbain ou orientaliste. La grande injustice était de ne jamais le considérer indépendamment de tout autre art de quelque origine que ce soit. Les années 60 connaîtront un regain d'intérêt pour l'art berbère. Il faudrait, en revanche, attendre que le chercheur Bert Flint parle des tissages et tapis en les considérant comme un «art au sens propre du terme« pour que les ouvrages berbères soient, artistiquement parlant, reconnus. Mais cette reconnaissance n'est que partielle, car se faisant par rapport à d'autres éléments artistiques. Le problème de comparaison subsiste.Néanmoins, l'aspect artistique des oeuvres berbères n'est pas le seul à avoir fasciné les chercheurs. Quoique tardivement entamée, la recherche scientifique a affirmé, par le biais de l'anthropologie, le caractère autonome de cet art. Et c'est justement dans cette perspective que s'inscrit l'ouvrage de Salima Naji. C'est-à-dire celle d'une étude globale de l'environnement qui a vu la naissance de l'art et de l'architecture berbères. Kenza ALAOUI

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