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Une année de continuité pour les grands projets

Par L'Economiste | Edition N°:417 Le 07/01/1999 | Partager

Tahaddart, STEP, complexe hydroélectrique de Dchar El Oued-Aït Messoud... Le secteur énergétique regorge de projets. Certains doivent voir le jour en 1999. Mais, d'une manière générale, les investissements sont lourds et s'étalent sur plusieurs années.

L'énergie est sans doute un secteur bien particulier où les besoins de demain doivent être obligatoirement programmés aujourd'hui. Les projets sont lourds et s'étalent sur plusieurs années. Aussi, 1999 est-elle l'année de la continuité. Elle n'est qu'une étape suivante dans l'avancée des projets. Pour le groupe Corral, repreneur de la Samir et de la SCP, il s'agit d'une année charnière. Le plan de fusion des deux raffineries sera fin prêt pour avril prochain. Après son adoption par le Conseil d'Administration, il sera entériné par l'assemblée générale en juin prochain. Cette même assemblée donnera le coup d'envoi du processus. Sur le terrain cependant, le travail a déjà débuté avec les mouvements de regroupement dans le secteur gazier. Dans tous les cas, l'entité qui devrait voir le jour d'ici la fin de l'année se prépare à des investissements très lourds qui s'étaleront sur les deux années suivantes.
De leur côté, les sociétés pétrolières, qui craignent que le monopole dans le raffinage se transforme en monopole dans la distribution, se préparent à conclure une charte partenaire avec le Ministère de l'Energie et des Mines. Le Groupement des Pétroliers du Maroc envisage aussi de remettre sur le tapis également la fameuse question de revalorisation des marges de carburants et du butane.
Quant à l'un des plus importants opérateurs de la place, l'Office National d'Electricité, il suit paisiblement son programme d'investissement. L'année 1999 sera néanmoins fondamentale pour un grand nombre de projets. Le premier semestre sera chargé.

Electrification rurale


Déjà dès le premier trimestre, les derniers lots pour le complexe hydroélectrique de Tchar El Oued-Aït Messoud seront adjugés. La centrale hydraulique pour laquelle la mise en service est prévue en 2002 aura une capacité de 92 mégaWatts. La production d'électricité sera d'environ 200 millions de kW par an. Il puisera son énergie à partir des deux barrages Tchar El Oued et Aït Messoud. Le projet a démarré en 1996. Les travaux seront étalés sur 4 années. Le coût du projet pour l'ensemble est de 1,5 milliard de DH. Autre projet important pour l'année 1999, la centrale à cycle combiné de Tahaddart pour lequel le choix par l'ONE du 4ème partenaire, en plus d'EDF et Endesa, aura lieu avant la fin du premier semestre. Ce projet de 400mW environ est évalué à 500 millions de Dollars. Le démarrage de la centrale est prévu pour 2002 pour la première tranche et en 2005 pour la seconde. Le dernier gros projet de ce premier semestre concerne la station de transfert d'énergie par pompage pour laquelle les travaux doivent débuter au cours du premier semestre. Le projet dont le coût est estimé à 1,5 milliard de DH et qui permettrait de produire 300 mégaWatts.
Les autres projets lancés en 1998 suivent en revanche leur cours. C'est le cas du Parc éolien de Koudia Al Baïda. L'ONE étudie déjà la possibilité de nouveaux projets dans le domaine de l'énergie renouvelable. C'est également le cas pour l'électrification rurale qui devrait voir son rythme de croisière s'accélérer. Au lieu de 1.000 villages annuels, il s'agit de passer à 1.500 villages. L'objectif bien compris est de réduire le délai en faisant en sorte que l'ensemble des villages soit électrifié avant la date butoir 2010, prévue initialement.

Fatima MOSSADEQ


L'environnement juridique en gestation


Le Ministère de l'Energie lui prépare sagement l'environnement juridique. Il compte accélérer la sortie du fameux Code des Hydrocarbures. Celui-ci vise à instituer un nouveau cadre juridique pour la recherche pétrolière au Maroc. Le texte original, qui date de 1992, a fait l'objet de propositions d'amendements de la part du Ministère pour le rendre plus attrayant en matière d'investissement. Il s'agit de mettre en place des avantages juridiques et fiscaux pour attirer les compagnies pétrolières internationales. Ce code est d'autant plus important que l'Etat s'est dégagé depuis quelques années de ce secteur. La recherche pétrolière s'effectue actuellement à travers des partenariats entre l'Office National de Recherches Pétrolières (ONAREP) et les sociétés pétrolières privées. L'enjeu est donc important. Le projet d'amendement du code est au Secrétariat Général du Gouvernement.
L'autre important dossier du Ministère est la réglementation du secteur du gaz. Un code gazier est à l'étude. Avec le passage du Gazoduc Maghreb-Europe sur le territoire marocain, les opportunités pour cette source d'énergie sont multiples. Mais, il est primordial pour cela de mettre en place préalablement l'environnement réglementaire. Le Ministère examine une stratégie pour permettre à l'économie nationale d'utiliser ce nouveau combustible à l'échelle industrielle. Cela ne peut se réaliser que si l'infrastructure nécessaire existe. Cette infrastructure concernera plusieurs régions, en particulier l'axe industriel Kénitra-Casablanca, les provinces du Nord et du Nord-Est.
Il faut cependant rester réaliste. La construction d'une bretelle vers le Sud ou le Nord-Est n'est pas programmée pour 1999. Il faudra attendre encore quelques années
Au niveau minier également, le Ministère travaille sur une législation plus appropriée. Il s'agit de l'institution d'un code minier. Celui-ci devra permettre de regrouper l'ensemble des règles et textes en remplacement du code de 1951 et ce, depuis le changement des règles d'obtention, de prorogation, de transformation et d'annulation des permis de recherche et d'exploitation minière. En parallèle, le Ministère prévoit une refonte de sa propre organisation. La logistique des délégations du Ministère sera revue de manière à ce qu'elle soit plus opérationnelles.
En outre, le Ministère effectue les démarches afin que le Maroc soit membre de la charte européenne de l'énergie.

Fatima MOSSADEQ

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