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    Par L'Economiste| Edition N°:1009 Le 03/05/2001 | Partager

    Le monde fête aujourd'hui la journée de la liberté de la presse. Celle-ci peut s'analyser sur deux niveaux. Le premier est celui de la législation; le deuxième, sur un plan nettement plus structurel et profond, est celui du système favorable ou non, à la liberté de la presse. Pour le premier, le Maroc est à niveau, ou à peu près. Pour le deuxième, pas du tout.Ce deuxième niveau est celui d'un marché libre. Or, le Maroc fait une distinction subtile entre les médias institutionnels et la presse indépendante. Les premiers comprennent les médias officieux et officiels et les journaux de partis. Ils sont subventionnés par les pouvoirs publics de diverses manières: dotations annuelles et «exceptionnelles». De la sorte, nombre de médias institutionnels continuent d'exister avec des diffusions quasi nulles. La presse indépendante comprend les journaux édités par les entreprises privées, ne reçoit aucune subvention et subit pleinement les rigueurs de la loi sur le plan fiscal. Or, les deux types de médias, qui n'ont pas les mêmes contraintes, agissent sur un marché unique. De plus, la presse indépendante est celle qui reflète le plus la réalité de la société, ses attentes et ses aspirations, y compris dans ses excès. L'étrangler avec des structures ne fonctionnant pas selon les normes internationales (lesquelles, rappelons-le, mesurent l'état réel de la démocratisation d'un pays) est la véritable atteinte à la liberté de la presse. Le problème de l'aide à l'expression politique ne doit pas se faire au détriment de la liberté de la presse.Continuer à soutenir la presse institutionnelle uniquement porte en réalité atteinte à la démocratie car, avec cette formule, ce sont les acteurs politiques qui se subventionnent eux-mêmes avec les moyens de l'Etat au détriment de la société civile.Abdelmounaïm DILAMI

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